Pina’ina’i

Pīna’ina’i 7.17 dénonce l’amour dans le quotidien des gens

Affiche Pina'ina'i fb

Depuis quatre ans Pīna’ina’i, comme la revue ou les lectures publiques de Littérama’ohi, contribue à sensibiliser le plus grand nombre aux mots en général et à la littérature polynésienne en particulier. Si la revue ne paraît pas cette année, le spectacle, lui s’ancre dans le paysage culturel local.

« Aujourd’hui, nous avons tendance à idéaliser les couples du cinéma, de la mythologie et nous pensons que l’amour n’est réservé qu’aux télénovelas », constate Moana’ura Tehei’ura, chorégraphe du spectacle Pīna’ina’i. Il lui paraissait important de replacer l’amour dans le quotidien des gens. Dans l’humain. Pour « permettre à l’agriculteur, la cueilleuse de fleurs ou la grand-mère de vivre des moments exceptionnels et simples à la fois. Triste et léger. Jouissif et douloureux. Pīna’ina’i 7.17 dénonce l’amour dans le quotidien des gens. Ces personnes à qui nous interdisons d’aimer ou de haïr, de pleurer ou de jouir. »

Pīna’ina’i est un spectacle organisé chaque année qui mêle les mots, la danse, la musique, les images. « Il fait partie de Littérama’ohi », insiste Chantal T.Spitz, fondatrice de la revue, « il est un moyen de faire connaître la littérature autochtone. En fait», se rappelle l’auteure, « nous avons commencé par lire nos textes au marché, sur la place Vaiete. Pour mettre plus de vie dans nos textes nous avons imaginé Pīna’ina’i dans le cadre du salon du livre.  Moana’ura Tehei’uraa mis en scène Pīna’ina’i. « Chaque année j’ai une chance incroyable de partager cette aventure avec des personnes aussi intéressantes les unes que les autres. La diversité des auteurs illustre parfaitement la diversité de notre peuple. »

Pour la composition musicale, il reste attaché à Jeff Tanerii. « Il possède une sensibilité musicale remarquable puisqu’il parvient à faire dialoguer un tō’ere et un violoncelle. » Taloo et Fred Rossoni participent exceptionnellement au projet. « Ils ont tout de suite répondu favorablement à ma demande et je mesure naturellement l’importance qu’ils donnent à la promotion de la littérature autochtone. » Enfin, chorégraphe, compositeur et musiciens travaillent avec des danseuses et danseurs. « Il s’agit aussi pour eux de relever le défi d’un mouvement dansé atypique et complexe. »

Faute de temps, la revue Littérama’ohi ne paraîtra pas cette année. Pīna’ina’i reste fidèle. Les habitués seront au rendez-vous. « Il paraît que Pīna’ina’i ne laisse jamais le spectateur indifférent. Indemne. On transcende l’image pour admirer le reflet. Ce que l’on a en soi. On interroge l’individu et la communauté à la fois. Le spectateur revendique ses propres émotions et engage sa conscience. C’est la force même de Pīna’ina’i. » Les néophytes ont deux soirées pour se laisser convaincre.