Pierre Cornuel – La vie, c’est partager

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Pierre Cornuel est un artiste voyageur qui ne sort jamais sans un carnet de croquis. Depuis plus de 20 ans, il met la vie en mots, en formes et en couleurs. La sienne et celle qui passe à ses côtés. Ses oeuvres s’adressent à tous et à toutes, et en particulier à sa fille.

À la suite d’un douloureux déménagement alors qu’il était encore adolescent, Pierre Cornuel s’est retrouvé à la campagne, isolé. Ce qui l’a conduit à la fabrication d’histoires en BD.

Puis, dès qu’il a pu, il a pris un sac à dos et un carnet de notes pour aller visiter le monde. Il avait 17 ans. « J’ai entrepris de grands voyages en autostop pendant les vacances d’été. Le Cap nord, la traversée des États-Unis de New York à San Diego… »

Les rencontres surprenantes s’enchaînaient dans des situations parfois hasardeuses. « La fille d’un milliardaire, un gars fraîchement sorti de prison… Ma maison était mon sac à dos ! J’aimais ne pas savoir où je serai le soir, échanger des croquis contre de quoi manger… » De cette manière, il a découvert l’Europe, l’Australie, la Corée, la Chine, la Turquie, la Grèce à plusieurs reprises. « Cela m’a permis de rencontrer des artistes et découvrir leurs techniques. »

Voyager, prendre des notes, dessiner un paysage ou faire des portraits est essentiel à Pierre Cornuel. « Un peu comme le pianiste qui fait ses gammes chaque jour, les croquis me nourrissent en permanence du présent et me permettent de garder de la souplesse. Presque toutes les idées, (les textes de mes livres et la réflexion de création de mes expositions), s’y trouvent notées dans leur conception. » Les carnets de voyage de l’auteur sont devenus ses carnets de vie.

Messages d’un père à sa fille

Pierre Cornuel aime « les gens, de tous âges ». Il fait des livres pour les enfants, des petits aux ados, il peint pour les plus grands. Mais dans son public, une personne compte entre toutes : sa fille. Durant chaque année de sa vie, elle a vu un album l’accompagner, avec texte et dessins aux styles variés. Il travaillait sur ce qu’il sentait en phase avec son âge.  » J’abordais les faits de société, racisme, racket, le diktat des modes, etc. »

Cette vie de voyageur, de nomade, d’artiste, d’observateur repose au quotidien sur un fondamental : « partager le présent avec les gens que je côtoie ». Résolument positif, Pierre Cornuel veut : « présenter chacun de nous comme utile à ses proches selon nos aptitudes. Pas si simple bien sûr, mais je trouve une forme de joie et de partage avec autrui. » Il aime à répéter que « Se dépasser soi-même est plus important que dominer les autres ». Un message plein de sens « vu le développement démographique qui nous guette. Chacun devra se responsabiliser davantage notamment avec l’environnement. »

hongfei-herosLe héros…

Ed. Hongfei (2016)

Depuis son enfance, Zhou Chu est connu pour son arrogance et sa brutalité. Seule sa cousine Yisha lui garde son affection. Alentour, on le regarde comme un fléau au même titre qu’un tigre et un poisson monstrueux. Incité par un villageois à affronter ces féroces créatures, il disparaît pendant le combat. Le croyant mort avec les deux autres et certain d’être débarrassé des trois fléaux, le village entre en liesse. Mais bientôt, Zhou Chu revient et comprend qu’on le détestait. Fort de cette cuisante expérience et de la sollicitude de Yisha, il décide de vaincre réellement ce « troisième fléau »… Une légende ancestrale à valeur universelle : se dépasser, plutôt que dominer les autres.