Olivier Dangles – La terre a changé

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Olivier Dangles est un observateur. De son point de vue de chercheur et de photographe, il constate, comprend, nourrit des bases de données, immortalise. Il est riche d’un savoir qu’il transmet. Mais pas n’importe comment. Il passe toutes ses conclusions au filtre de la vulgarisation pour toucher le plus grand nombre. À l’image de Pierre Rabhi, il croit aux efforts du colibri de la légende.

Il est de ceux qui marchent dans les pas de Claude Lorius. Olivier Dangles est persuadé que la planète Terre est entrée dans une nouvelle ère géologique : l’anthropocène. Cette période qui commence quand les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l’écosystème terrestre. « Il n’y a plus un seul espace sur terre qui ne soit pas marqué directement ou indirectement par la main de l’homme. Pour schématiser, plus de 50% de la population mondiale vit en zone urbaine, il existe désormais des mégavilles qui s’étendent sur des kilomètres, il y a de la lumière et des routes partout, il y a du pétrole qui jaillit au cœur de l’Amazonie et des PCB (des produits chimiques industriels, ndlr) dans le corps des animaux qui vivent aux pôles. »

Partant de ce constat, Olivier Dangles lutte à son échelle. « Je veux que tous les citoyens prennent conscience de ça, du fait que la terre a changé. On peut, comme le colibri dans la légende, faire chacun un peu. » Lui a deux leviers : la recherche d’une part et la photographie et l’écrit, d’autre part.

Il est chercheur de formation. Depuis 2006, il travaille à Quito en Équateur pour l’Institut de recherche pour le développement (IRD). « J’étudie l’impact des changements globaux sur la biodiversité en zone tropicale. » Il s’intéresse aux insectes ravageurs de culture, « je m’attache à les comprendre, à prédire leurs attaques, à trouver les moyens d’y répondre, à diffuser ces moyens de lutte aux agriculteurs ». Il étudie aussi la biodiversité d’altitude, réfléchit dans ce contexte au service que rend la nature dans des milieux précis, aux conséquences de la disparition de certains éléments de cette nature pour l’homme. En parallèle, il assouvit une passion, la photographie. Il passe des heures à trouver la bonne couleur, le bon cadre, le bon réglage pour « l’Image ». Celle qui interpellera. 

Ainsi, au fil du temps, il accumule de la matière : des données scientifiques et des clichés. Il manipule cette matière, la rend accessible au grand public. Il monte des expositions, signe des livres. Parfois aussi il illustre sa matière par des concepts et notions nouvelles. « Depuis peu par exemple, nous ne parlons plus d’empreinte écologique mais d’esclave énergétique. On évalue l’énergie nécessaire pour manger, se déplacer, s’amuser non plus en watt qui est une mesure abstraite mais en esclaves, autrement dit en énergie humaine. » Un occidental a besoin en moyenne de 100 esclaves par jour pour assouvir ses besoins. Ce qui a le mérite de bousculer les consciences. 

couv-une-autre-terreUne autre terre Lexique illustré d’une nature à protéger
Ed. IRD (2014)

En un temps très court à l’échelle géologique, notre espèce a créé « une autre Terre », significativement différente de celle qui existait lorsque l’homme est apparu. Les changements qui ont transformé notre planète sont désormais si profonds qu’ils menacent le fonctionnement même de la biosphère, mettant de facto en danger le futur de l’humanité.

Ce livre a pour objectif de permettre à tout un chacun de comprendre les caractéristiques de ces changements en cours sur la planète Terre et leurs interrelations avec les espèces, y compris l’espèce humaine. Il propose un glossaire de 45 concepts et mots-clés, tous accompagnés de plusieurs photographies, qui présentent ces changements globaux à trois niveaux d’organisation différents : le système Terre, les espèces sauvages et les humains. Allers-retours entre textes et images d’une beauté saisissante permettent ainsi à chacun de se construire une vision claire et globale des défis imposés à la vie sur Une Autre Terre.