Te pito o te fenua – Le rocher à la voile

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Mythes des Mers du Sud – Jean Guiart, illustré par Andreas Dettloff

couv-mythes-des-mers-du-sudTextes collectés par J. Guiart et quelques autres auteurs.

Textes originaux et intégraux présentés et commentés à l’intention des 10-12 ans et plus.

La plupart des Contes et légendes édités pour les enfants dans la région sont des textes non originaux, profondément transformés, qui dans le fait fonctionnent en tant que machines à tuer la véritable culture. L’intention est ici de présenter les textes authentiques, sans la moindre transformation, textes provenant de l’ensemble du Pacifique Sud, en insistant sur la réalité, c’est-à-dire l’existence de différentes versions qui ont chacune leur fonction, en ce sens que toute la connaissance incluse dans tout texte recueilli dans des conditions convenables est celle qui appartient à chaque fois à un un groupe social particulier, justifie son existence et en particulier toujours par une liste de lieux-dits dispersés dans le texte, la définition du domaine foncier spécifique de ce groupe. D’un texte à l’autre viennent des changements dans le déroulement de l’histoire, changements qui obéissent à des règles logiques et ne constituent en aucun cas des erreurs. On n’est jamais confronté à des versions authentiques et des versions qui seraient fausses, mais à des versions toutes différentes, toutes justifiées et qui portent en elles à chaque fois une part de connaissance. La culture est construite à partir de l’addition de toutes ces parts appropriées de connaissance traditionnelle.

Récits des Mers du Sud – William Somerset Maugham

couv-maughamLe voyage en Océanie sur les traces de Robert-Louis Stevenson, de Loti et de Gauguin sera l’occasion majeure pour Somerset Maugham, médecin gynécologue d’un quartier nord et misérable de Londres au temps de la Reine Victoria, de situer des situations d’enfermement des Blancs expatriés vivant leur quotidienneté à travers une série de miroirs déformants, historiques (on ne parle pas aux Allemands ou à leurs descendant à Samoa en 1920), sociaux (les métis sont surtout à ne pas fréquenter), économiques (l’argent des insulaires est bon à prendre mais ils représentent constamment un danger). Ce sont neuf nouvelles dont la trame se situe entre Tahiti, Hawai’i, et les deux Samoa, et qui sont présentées dans cet ouvrage, certaines inédites en français. Ces îles du Pacifique sont comme un laboratoire d’émotions, «vues du quai» par un voyageur pas exactement pressé, mais qui ne reviendra pas. La chaleur, la pluie, l’isolement relatif [quelques blancs en face de quelques milliers, à Tahiti, de dizaines de milliers de Polynésiens à Samoa], la beauté de la nature, la distance entre les points émergés de l’Océan. Maugham est un maître pour montrer subtile- ment les enjeux, essentiellement chez les Blancs expatriés, qui finissent par des tragédies répétées.

Les introductions et les postfaces de Riccardo Pineri et Jean Guiart à la fois complémentaires et souvent aux antipodes l’une de l’autre apportent une vision largement renouvelée de cette oeuvre aujourd’hui peut-être à tort ignorée.

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