Au vent des îles

4e édition du Guide des poissons de Tahiti et ses îles – Philippe Bacchet, Yves Lefèvre & Thierry Zysman

couvPoissons4edwebSi l’objectif et l’intérêt de ce guide sont de fournir les éléments nécessaires à l’identification des poissons marins pouvant être rencontrés en milieu naturel entre 0 et 100m de profondeur, celui-ci s’attache dans sa première partie à nous expliquer, de façon détaillée, l’environnement dans lequel vivent ces animaux, et aussi quelle est leur biologie. La suite de l’ouvrage se découpe en une cinquantaine de chapitres, regroupant famille par famille les fiches individuelles des différentes espèces. De nombreuses années de travail auront été nécessaires à la réalisation de ce travail colossal. Afin d’en garantir une certaine exhaustivité, les auteurs ont ainsi exploré l’entière superficie de la Polynésie française, plongeant à toutes les heures du jour et de la nuit, afin d’y débusquer et photographier les différents stades évolutifs de chaque espèce. En parallèle, un long travail de recherche et d’enquête était diligenté sur les noms vernaculaires des poissons de Polynésie ; non seulement à travers la bibliographie existante, mais aussi sur le terrain, dans les villages les plus reculés, auprès des pêcheurs et des Anciens. L’extraordinaire richesse de ce vocabulaire témoigne aujourd’hui de l’importance que les Polynésiens ont toujours attribuée aux poissons.

Quoi de neuf dans cette quatrième édition ?
Au-delà de l’ajout d’une cinquantaine d’espèces, l’ouvrage s’enrichit aujourd’hui d’un très grand nombre de nouvelles données : aires de distribution, zones d’évolution, nouvelles photographies et noms vernaculaires supplémentaires. Les nombreux et perpétuels changements taxonomiques sont naturellement pris en compte, et la qualité des images a été rehaussée. Mais l’un des points forts de cette nouvelle édition est sans nul doute la forte volonté de sensibiliser davantage le lecteur. Ainsi, dans un contexte de plus en plus généralisé de protection de l’environnement, il a été ajouté pour chaque espèce son statut de conservation et de protection tel qu’il est défini par la fameuse Liste rouge, évolutive, de l’IUCN. Cette nouvelle édition comprend 648 pages dans lesquelles sont traitées 654 espèces. L’ensemble est illustré par 1 128 photographies réalisées en milieu naturel et 90 croquis explicatifs. L’index s’étire sur 41 pages ; il est riche de 710 noms scientifiques, 652 noms français, 575 noms anglosaxons, et 1401 noms vernaculaires polynésiens. Cet opus aura demandé aux auteurs 8 années de travail.

Evolution Farm, un modèle d’agriculture naturelle en milieu tropical – Johnny Rydge, traduit par Yan Persegaele

Couv EvolutionFarmwebCe livre n’est pas un simple manuel d’agriculture biologique. Il introduit d’abord le lecteur à l’état d’esprit qu’il convient d’adopter pour cultiver efficacement dans le sens du vivant. Il offre ensuite l’ensemble des pratiques qui permettent ce que nombre d’agriculteurs des Tropiques continuent encore et toujours à chercher : cultiver de beaux légumes en aimant et respectant le Terre. Les photographies et illustrations permettent de rendre les méthodes présentées faciles à comprendre et à mettre en œuvre.

Johnny Rydge n’est pas un agriculteur comme les autres.  Enfant du fenua ayant grandi à l’étranger, il revient à 40 ans mener une vie simple, avec la Terre, à Taha’a, puis à Bora-Bora. Empoisonné en 2009 par ses propres pesticides, il décide alors de produire des légumes sans aucun traitement de synthèse. C’est le début d’une évolution radicale, d’un chemin de conversion.  Il se laisse inspirer par les découvertes scientifiques les plus récentes, mais aussi par l’antique parole biblique. Il acquiert l’intuition que rien ne peut être fait en ignorant l’infiniment petit de la vie invisible du sol (micro-faune, bactéries, champignons, nématodes) et l’infiniment grand des cycles cosmiques (lune, planètes, saisons). Armé de cette vision globale sur la dynamique profonde du vivant, il a mis au point des techniques naturelles pour faire pousser les légumes en milieu tropical. Et, en quelques années, il a réussi là ou tant d’autres ont échoué.  Au sein de la ferme « Evolution Farm » (Ferme en Evolution) de Bora-Bora, il forme des dizaines de jeunes à sa vision et aux techniques agricoles qu’il a sélectionnées.

Avec ce livre, Johnny Rydge partage avec nous ce qu’il a appris et compris. Chaque technique est illustrée de photos et croquis. Chaque plante fait l’objet d’un petit guide de culture en milieu tropical. Cet ouvrage nous invite tous, agriculteurs professionnels ou jardiniers du dimanche, à opérer une évolution consciente, et à nous mettre au diapason de la Vie.
Cet ouvrage est aussi un objet économique et politique. C’est un appel lancé à toute la société polynésienne, pour renouer avec les lois du vivant, pour retrouver une alimentation saine, et surtout pour remettre l’activité agricole, qu’elle soit familiale ou commerciale, au premier rang des activités utiles à la société toute entière.

Pina – Titaua Peu

couv-pinawebK.O. 2e round. Avec « Mutismes » finalement, Titaua Peu ne faisait qu’entrouvrir la porte pour dénoncer les silences. Avec « Pina », elle la défonce, la fait claquer, rebondir, résonner avec rage voire colère haineuse et crûment arrache les voiles devant toutes les violences : familiales, sociales, politiques, coloniales. Et elle nous laisse tous K.O. si tant est qu’on « tienne le combat » jusqu’au bout.

Pour ce faire – en Almodovar de la littérature polynésienne -, l’auteure a choisi une famille qui cumule toutes les misères de cette terre : un couple, Auguste et « Ma » et une famille nombreuse dont trois « absents » parce qu’adoptés il y a longtemps. Pour ceux qui restent, Auguste junior, Hannah, Pauro, Rosa, Pina et Moïra, c’est un destin de « survivant » qui les attend. Survivre aux violences sous toutes ses formes : morales, affectives, sexuelles, sociales, survivre aux abandons, absences, silences, incestes, peurs, dépréciations, exploitations, clichés, désamours, manques, folies…

Maiba – Russell Soaba, traduit par Mireille Vignol

couvmaibawebMaiba, dernière héritière d’une chefferie en désuétude et en proie au scandale, est négligée pendant l’enfance qu’elle passe dans la famille de son oncle et sa tante, mais elle bénéficie de l’amour et du respect de ses cousins Sibil et Royal Bob Rabobo. Peu à peu, la petite sauvageonne gagne en sagesse et réussit à rassembler le village qui est déchiré entre les forces opposées de la modernité et de la tradition. Alors que la stabilité séculaire de sa société s’effrite, Maiba prend conscience des faiblesses de sa communauté et réussit à enrayer la violence qui la menace. A travers les souffrances de Maiba, c’est toute la complexité d’un pays confronté à un monde diamétralement opposé à ses traditions qu’expose la plume poétique de Russell Soaba.

Jean-Marie Tjibaou, une parole kanak pour le monde – Eric Waddell, traduit par Patrice Godin

couv-jmtjibaouwebJean-Marie Tjibaou, leader charismatique du mouvement indépendantiste kanak des années 1980, est incontestablement une figure emblématique de l’histoire contemporaine de la Nouvelle-Calédonie. Un visage et une parole qui ont largement dépassé les côtes de l’archipel océanien, tant par sa stature d’homme d’État que par la portée universelle de son message. Cette biographie « intellectuelle » d’Éric Waddell est le fruit d’une longue recherche. Publiée en anglais en 2008 sous le titre Jean-Marie Tjibaou, Kanak Witness to the World : an intellectual biography, cet ouvrage, désormais traduit et augmenté par Patrice Godin, est une source d’informations indispensables pour connaître et comprendre le parcours d’un homme d’exception, dont le destin est intimement mêlé à l’histoire de la Nouvelle-Calédonie.

Nidoïsh Naisseline, de coeur à coeur – Walles Kotra

cous-naisselinewebChef coutumier, militant indépendantiste à l’origine des Foulards Rouges, figure de la vie politique et économique de la Nouvelle-Calédonie, Nidoish Naisseline aura marqué son époque autant que les mémoires. Ce troisième ouvrage d’entretiens réalisé par Wallès Kotra nous ouvre non seulement le coeur d’un homme d’exception tant par son rôle au sein de la coutume kanak que par le parcours qui le conduisit au côté de Jean-Marie Tjibaou et au sein des instances décisionnelles de la Nouvelle-Calédonie. Un parcours de chef, de décideur, mais aussi d’homme, sensible, profond, interrogeant perpétuellement le présent et l’avenir. Cette voix constitue aujourd’hui une mémoire essentielle et inédite qui résonnera encore longtemps en Nouvelle-Calédonie mais aussi auprès de tous ceux qui s’intéressent à l’avenir des peuples autochtones dans le monde contemporain.

Le chant du vent – Simone Sanchez

couvelechantC’est l’histoire d’une rencontre de deux enfants tahitiens, Temana et Moïra d’une dizaine d’années avec un jeune Popaa ( métropolitain) qui, se sentant menacé, a fui le bateau de croisière (Wind Song) sur lequel il voyageait et qui était au mouillage pour la nuit à Bora Bora. Recueilli, protégé, soigné et caché dans la montagne par les premiers, Christophe se retrouve au coeur d’une intrigue et d’une histoire de survie dans la nature polynésienne au-delà des peurs et de la maladie, une histoire d’amitié, d’entraide, de secret important à garder, de courage, d’autonomie, de découvertes du monde tahitien et de générosité… nimbée d’une belle intelligence des enfants.

Graines et bijoux de Tahiti et ses îles – Daniel Pardon

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Lorsque les premiers navigateurs découvrirent les îles Marquises, ils relevèrent et mirent en exergue, notamment à travers leurs gravures, l’importance des graines dans la confection des parures des indigènes. En réalité, tous les Polynésiens (pas seulement les Marquisiens) travaillaient ces gemmes naturelles, fournies par Dame Nature. Vint la colonisation et avec elle la modernité et l’abandon des pratiques anciennes. Jusqu’à ce que l’électricité fasse son apparition, à la fin du XXe siècle, dans les vallées marquisiennes les plus reculées. Là-bas, pas de perles de culture, pas d’activité autre que l’artisanat ; l’électricité, qui relança la sculpture sur bois et sur pierre, permit aussi d’acheter des petites perceuses et la bijouterie à base de graines reprit droit de cité.

La journée, on récoltait des graines ; le soir, on les perçait pour confectionner colliers, boucles d’oreilles, bracelets… On retrouva les coups de main, les savoir-faire oubliés, on imita, puis on créa et c’est ainsi que les graines bijoux firent petit à petit leur apparition dans toutes les manifestations culturelles en Polynésie française. Cette spectaculaire renaissance, ce développement inattendu méritaient un ouvrage de référence, ne serait-ce que pour apprendre à mieux connaître l’extraordinaire matière première que sont les graines.  Aux artisans, mais aussi à tous leurs clients, cet ouvrage apportera les réponses qui leur manquent pour mieux apprécier ces créations aujourd’hui si recherchées.

Pito Ma 11 « Radio cocotier » – Gotz et Marotea

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BD humoristique de Tahiti en noir et blanc. Pito, jeune Tahitien, son gros copain Pua, Bob le «rastalynésien», Lee Fou, chinois de Tahiti, Georges dit Rimap, métropolitain resté à Tahiti après son service militaire, et leurs amis vivent, sous la plume de Gotz, des scènes de vie de tous les jours, à Tahiti.

 

Les Marquisiens et leur art – Karl von den Steinen, co-édité avec le Musée de Tahiti et des îles

KVDSLes Marquisiens et leur art est un ouvrage incontournable pour qui s’intéresse à la civilisation marquisienne et la Polynésie orientale. Résultat d’une étude détaillée des différentes formes d’expression artistique – alors menacées de disparition -, menée par Karl von den Steinen, médecin allemand dans l’archipel à la fin du XIXe siècle. C’est un ouvrage de référence dès sa première parution en 1925. Son succès depuis près d’un siècle n’a jamais été démenti même si le lectorat francophone a dû attendre 2005 pour en bénéficier grâce à la traduction initiée par le musée de Tahiti et des îles. Ces trois volumes qui auraient dû n’en faire qu’un, pour la première fois réunis dans un coffret dans cette nouvelle édition, représentent en effet une somme de connaissances remarquable et inégalée sur l’art du tatouage en Polynésie précédé de données historiques et ethnographiques (volume I), la culture matérielle et l’art du tiki (volume II) abondamment illustrés et complétés par « Les collections » (volume III) regroupant une partie de l’iconographie évoquée dans les deux volumes précédents. Une oeuvre qui allie la rigueur méthodologique à la rencontre véritable de la population et participe ainsi à la sauvegarde d’un volet remarquable de l’histoire des civilisations.

KVDS I

Ce premier volume, consacré à l’étude du tatouage marquisien, rend compte de l’importance et de la qualité de l’enquête réalisée pendant six mois par Karl von den Steinen dans l’archipel des Marquises à la fin du XIXe siècle. Abondamment illustrée, cette présentation est précédée des données historiques et ethnographiques et d’une étude comparative du tatouage dans les différents archipels polynésiens. Les développements décrivent non seulement les figures ornementales mais tentent d’en comprendre l’origine et le sens et de déterminer des styles et leur évolution. L’auteur établit également des liens avec l’art du tiki analysé dans le deuxième volume.

KVDS II

Après une présentation de la culture matérielle des Marquisiens, ce volume se consacre essentiellement à l’art du tiki étudiant ces figures anthropomorphiques sous toutes leurs formes. L’étendue de l’inventaire et la finesse de l’analyse des styles en font le pendant du premier volume sur le tatouage. Pour compléter sa collecte sur un terrain « appauvri » par les pillages et destructions qui l’ont devancé, Karl von den Steinen l’assortit des différentes collections occidentales publiques ou privées et l’anime des informations recueillies sur place. L’ouvrage s’accompagne d’une abondante iconographie dont une partie est renvoyée au troisième volume.

KVDS III

Karl von den Steinen a mené son enquête sur l’art marquisien d’août 1897 à février 1898. Seules subsistaient sur l’archipel de rares pièces anciennes ayant échappé aux pillages ou destructions causés par les visiteurs et colonisateurs. Karl von den Steinen complète donc la collecte de terrain par les collections publiques et privées d’Europe et d’Amérique du Nord. Ce troisième volume, tel un catalogue, parachève les deux précédents en classant une grande partie de l’abondante iconographie rassemblée par l’auteur.

Flore ornementale de Nouvelle-Calédonie – Gildas Gâteblé (Prix Popaï 2016 décerné au SILO)

Flore ornementale

Aboutissement d’une dizaine d’années de prospections de terrain, de travaux de recherche, de compilations bibliographiques et d’expérimentations en serre et en jardin cet ouvrage d’exception est le premier du genre en Nouvelle-Calédonie. Outre des connaissances générales sur la flore locale, son économie et son histoire, les plantes ornementales sont regroupées en 4 parties, « les incontournables »,  «les espoirs », « les incertaines » et « les recalées » et chaque fiche rassemble une mine d’informations sur le mode de culture, les soins à prodiguer, les techniques de multiplication, les utilisations en aménagement… présentées de façon simple et attrayante.

Que vous soyez jardinier, fleuriste, pépiniériste, paysagiste, naturaliste amateur, botaniste éclairé, enseignant, scientifique, gestionnaire d’espaces verts, passionné d’histoire locale ou tout simplement curieux des beautés de la nature, vous trouverez les informations essentielles au fil des 355 fiches couvrant près de 700 espèces, des 1700 illustrations en couleur, des 800 références bibliographiques, des quelques 1250 synonymes et 1500 noms vernaculaires.

A travers ce livre de référence,  l’auteur a souhaité non seulement faire partager sa passion pour une flore remarquable, mais aussi faire progresser une filière économique prometteuse, sensibiliser le lecteur à la préservation d’un patrimoine exceptionnel et peut-être, ainsi, contribuer à inventer le jardin commun de demain.

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