Les nouveautés des éditeurs polynésiens

Découvrez les nouveautés et les rééditions 2015 des éditeurs de Tahiti et des Mers du Sud. De belles surprises littéraires vous attendent, adressées à tout type de public : livres jeunesse, romans, polars, contes, livres pratiques, loisirs…

Bienvenu dans l’univers littéraire des plumes contemporaines du Pacifique, qui vous invitent à réaliser un voyage littéraire hors du temps ! Rencontres avec trois auteurs, au coeur de l’actualité littéraire polynésienne.

Titaua Peu – Une histoire de résilience 

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« C’est l’histoire de Pina. Pina, une petite fille prise dans un engrenage politique. Une petite fille qui vit dans un quartier défavorisé de Tahiti. C’est l’histoire de gens voués à perdre qui se retrouvent happés par leur destin et qui, dans de grandes histoires, se révèlent plus humains qu’on ne le croit », résume Titaua Peu en parlant de son dernier ouvrage paru Au vent des îles. L’auteure explique que Pina est un vieux projet, « il me faut écrire sur les petites gens, il me fallait écrire ce livre. »

Cette nouvelle histoire, Titaua Peu la destine à « tous les enfants qui souffrent de ne pas être à leur place, à tous les cas sociaux comme on dit trop rapidement, alors qu’ils ont au fond d’eux une grande richesse, une grande capacité à se remuer. » Elle la dédie à Patrice Aka, cet enfant de trois ans, mort sous les coups de sa mère. En 2000, le procès historique de la tortionnaire avait eu lieu à la cour d’assise de Paris. La greffière elle-même avait été troublée à l’énoncée des blessures infligées. «Une horreur » ,se rappelle Titaua Peu qui glisse au passage : « j’écris pour ces enfants qui n’ont pas la parole, pour tous ceux à qui on ne donne pas la parole. »

Elle espère que, grâce à Pina, les êtres blessés par la vie se relèveront. « Même dans l’absolue violence, il y a des gestes d’amour », conclut-elle. Dans la vie comme dans ses écrits, l’auteure garde l’espoir.

John Taroanui Doom lève le voile

couv doom_memoires« Je voudrais affirmer une chose sur les plongeurs pa’umotu, c’est la générosité. Pour la famille, la famille élargie. Quand les plongeurs reviennent des Tuamotu avec beaucoup d’argent, quand ils arrivent à Papeete, c’est la distribution, ils partagent avec leur famille c’est cette générosité que j’ai observé dans les années 50 », rapporte John Taroanui Doom. Son ouvrage, qui vient de paraître aux éditions Haere Pö, va plus loin. Il raconte la générosité des Pa’umotu, mais aussi leur vie et leurs habitudes. « Dans le village ça grouille de monde, ça grouille d’enfants, ça court partout. On cuit du poisson sur la braise, on va à la pêche, on va chercher des cocos, on vit en bonne entente, il y a de la musique, des guitares. »

L’auteur parle plus globalement des femmes et des hommes qui ont croisé sa route et des chemins qu’il a empruntés. Il signe ses mémoires. John Taroanui Doom a beaucoup voyagé. Il a obtenu son premier diplôme à Nouméa. À 30 ans, il a assisté au premier essai du 2 juillet 1966 à Mangareva. Journaliste à RFO, il servait aussi d’interprète au général Billotte, ministre de la France d’Outre-mer. L’événement a définitivement marqué cet homme d’église qui sillonna la Terre pour porter le message des églises protestantes du monde entier de refus des essais et des armes nucléaires « Au nom du Dieu de vie ».

Luc Duflos – Aux origines de la relations en Polynésiens et Popa’a

couv-RobertsonLuc Duflos signe La grande pirogue sans balancier, le Dolphin à Tahiti, chez ’Ura éditions. Un ouvrage qui s’adresse autant aux Tahitiens qu’aux Popa’a, « puisqu’il s’agit du tout début de leurs relations. » Il devrait aussi plaire à « tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de cette partie du monde. La traduction de Tupaia, dont Joan Druett a voulu réhabiliter le personnage, se vend très bien localement et je pense que les Tahitiens y ont trouvé une reconnaissance de leur culture ancestrale et en particulier de leur connaissance très approfondie de la navigation. La grande pirogue sans balancier… raconte la période initiale « et donc fondamentale », de ces premiers contacts qui auraient eu lieu avec l’équipage de Wallis. « Si une théorie ancienne défendue notamment par le géographe royal Dalrymple a maintenu jusqu’au début du XXe siècle que Quiros avait découvert Tahiti en 1606, il est avéré aujourd’hui que Wallis fut bien le premier Européen à y débarquer. Mais on pourrait presque dire que les habitants de ces îles attendaient les Popa’a, puisqu’une prophétie ancienne annonçait l’arrivée d’une grande pirogue sans balancier. » L’auteur s’est principalement appuyé sur le journal réécrit à l’issue du voyage par George Robertson, maître de manœuvre du capitaine Samuel Wallis, et publié en 1948 par la Hakluyt Society de Londres. Il a ajouté à cette traduction celle de fragments de journaux manuscrits de Wallis, et d’autres des compagnons de Robertson, obtenus auprès des Archives ou Bibliothèques nationales britannique ou australienne.

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