LES NOUVEAUTES 2019 SEO

Bulletin N° 348 : La Carte de Tupaia, maître d’entres et de la navigation polynésienne

Mise en page 1Comment cela a-t-il commencé ?

Lars Eckstein et Anja Schwarz ne peuvent y répondre précisément aujourd’hui. Ils ne se rappellent plus depuis combien de temps ils connaissent la carte de Tupaia, elle leur est devenue familière. Ils l’utilisent notamment dans leurs cours pour illustrer l’interaction entre différents systèmes de connaissances. Il y a six ans, toutefois, ils sont tombés sur une version de la carte dont personne ne semblait parler. Une copie d’un premier brouillon dessinée par Georg Forster (naturaliste participant au deuxième voyage de Cook) et incluse dans une lettre à son éditeur en 1776. Cette carte est assez différente de la célèbre carte de la British Library. « Nous avons pensé à ce moment-là, avoir quelque chose d’important entre les mains. » Suffisamment important pour lancer des années de recherches intensives. « Nous avons cherché à déchiffrer la carte. » La carte de Tupaia (dont l’originale reste introuvable) est l’un des artefacts les plus énigmatiques issus des premières rencontres entre Européens et insulaires du Pacifique. Elle a été dessinée par Tupaia et divers membres de l’équipage de James Cook. L’identité et l’agencement de certaines îles ont posé de très nombreuses questions aux lecteurs contemporains. Lars Eckstein et Anja Schwarz, passionnés d’Océanie, apportent des réponses grâce à une étude méticuleuse d’archives dispersées aux quatre coins du monde. Leurs travaux ont été présentés dans le Journal of Pacific History en 2018. Les membres du conseil d’administration de la SEO ont aussitôt pris conscience de leur intérêt et se sont rapprochés des deux chercheurs pour voir comment une publication polynésienne serait envisageable. Traduits par Serge Dunis, ils font  l’objet d’un texte unique qui paraît dans le prochain Bulletin de la Société des Études Océaniennes (BSEO), le numéro 348. « Cook et Tupaia avaient deux façons de voyager très différentes, ils ont quand même réussi à se comprendre. Ils ont établi cette fameuse carte qui est, à vrai dire, plus qu’une carte », affirme Vahi Tuheiava-Richaud, présidente de la SEO. « Cela raconte la rencontre de deux mondes. » Pour la présidente, ces travaux sont « prodigieux, inédits et magistraux. Ils donnent à penser ! »

 

bulletin N° 347 : Les grands voyageurs

347Le bulletin N° 347 de janvier à avril 2019 a préparé le terrain et annonce le n° 348, par son intitulé « Les grands voyageurs ». En analysant la fameuse carte de Tupaia et ses diverses versions existantes, Lars Eckstein et Anja Schwarz ont réussi à démontrer que « dans la logique de Tupaia, il n’y a pas une orientation unique, vue de façon abstraite par le voyageur ». « Plutôt que d’imaginer une perspective détachée, vue du ciel, Tupaia dut inviter ses collaborateurs européens à se situer eux-mêmes dans la carte, à bord d’une pirogue pour chacune des îles qu’il y a plaça par la suite. » , d’où « la carte de Tupaia comme vision d’une mer faite d’îles ». Tous les autres articles de ce même bulletin n° 347, s’articulent, chacun à sa manière, autour de cette thématique des « voyageurs » dont les prolongements scientifiques, historiques et littéraires sont loin d’être exhaustifs.

 

bulletin N° 346 : Histoire, Flore et Géologie

346Le N° 346 de Septembre à Décembre 2018 traite de l’histoire, de la flore et de la géologie par des contributions variées aux contenus fort instructifs et souvent méconnus du grand public à l’exemple de l’affaire dite de l’Angélina, de la patate douce à l’état sauvage à la patate domestiquée, de l’histoire récente de l’atoll de Takapoto, du partenariat entre les scientifiques et les communautés locales pour la restauration des forêts naturelles menacées et du Journal de route du caporal-chef Jean Roy Bambridge.