Le dire & l’écrire – Projet d’écriture populaire

capture-decran-2016-02-23-a-15-06-43Le dire & l’écrire, en 2016, est la réédition d’un atelier d’écriture populaire à l’échelle de la Polynésie, mis en place pour la première fois par l’Association des éditeurs de Tahiti & des îles en 2005/2006.

Quel est l’objectif de ce projet ? A qui s’adresse-t-il ?

L’objectif est de solliciter l’écriture de tous, librement illustrée, par le biais d’un carnet d’écriture distribué au Salon du Livre, sur la base de propositions simples et accessibles au plus grand nombre. L’écriture est anonyme, seuls le prénom et l’âge de l’écrivant figurent.

Les carnets d’écriture sont disponibles à Papeete sur le stand Le dire & l’écrire, ainsi que dans les bureaux de l’OPT pour ce qui est des autres communes et des îles. À l’issue du Salon du livre, les carnets restant disponibles à la Maison de la Culture, seront distribués dans les établissements scolaires de Tahiti grâce à la DGEE et acheminés dans toutes les agences OPT de Tahiti et des îles.

Les écrivants peuvent laisser libre cours à leur plume tout de suite, dans l’espace du Salon s’ils le souhaitent, ou plus tard chez eux, à l’école ou ailleurs… La récupération des carnets est organisée immédiatement et jusqu’au 31 décembre 2016, afin de pouvoir rassembler les écrits et d’en faire un livre qui sera édité l’année suivante.

capture-decran-2016-02-23-a-15-08-45Pourquoi relancer le projet 10 ans après ?

Le dire & l’écrire est un projet qui me semble intemporel. Le relancer dès l’année suivante aurait certainement eu un goût de déjà vu…..mais dix ans, onze ans après exactement, il va s’offrir au public d’écrivants avec la même fraîcheur que sa première version.

Le principe du carnet personnel et anonyme, sur lequel on peut écrire en toute liberté et en toute intimité, pour le plaisir, sans jugement ni censure sur la qualité de l’orthographe ou le contenu des idées, est en soi porteur d’une incitation à l’écriture, qui a toute sa place dans un salon du livre. Ce d’autant plus que les écrits sont ensuite publiés sous forme de livre, l’année suivante.

Le fait de retrouver un ou plusieurs de ses écrits ou dessins, imprimés dans un vrai livre, de se lire et relire, de découvrir l’écriture des autres en écho à la sienne, constitue pour les écrivants l’expérience d’une satisfaction particulière.

Ce que j’écris, ou dessine, figure dans un livre qui circule et qui a sa place dans une bibliothèque.

J’existe, je m’exprime, je choisis mes mots, je touche des lecteurs inconnus qui peut être se retrouvent en moi, dont j’éveille l’intérêt, dont je suscite l’émotion…

Certains écrivants se sont investis au point que ce fut difficile pour eux de se séparer de leur carnet, tant ils y avaient mis d’eux mêmes. Chacun dans le registre de son choix, humour, tendresse, nostalgie, polémique ou révolte… Chacun dans son style, du langage parlé comme du langage plus littéraire. Poésie ou prose, texte ou dessin, langue française ou reo mä’ohi….

Quant aux lecteurs, ils ont manifesté leur plaisir, racontant pour certains comment cette lecture les avait fait passer du rire aux larmes, et regrettant d’arriver à la dernière page !

capture-decran-2016-02-23-a-15-09-09Sur dix mille carnets distribués en 2005, cinq cent ont été retournés, offrant le matériau littéraire et iconographique suffisant pour l’édition d’un livre de 174 pages, intitulé Le dire & l’écrire, Livre d’expression populaire. Il rassemblait donc les textes et dessins de cinq cent personnes, entre trois et quatre vingt trois ans, de toutes ethnies, de tous milieux socioculturels, réunies par l’envie d’écrire sur des thèmes relatifs à leur vie et au pays polynésien.

Il fut en 2006 qualifié « d’événement littéraire du salon », suscitant un engouement tel qu’il est difficile aujourd’hui de s’en procurer un exemplaire.

Comment est sélectionné le contenu pour le florilège à paraître en 2017 ?

Je ne sous estime pas le bonheur d’avoir eu le privilège de la première lecture des écrits bruts, d’avoir vécu avec quelques collaborateurs le temps du premier repérage des écrits, du choix des textes et des dessins, de l’ordonnancement des morceaux choisis, de l’alternance avec les illustrations… de toute la petite cuisine nécessaire à la composition de ce livre mosaïque.

La démarche de sélection sera la même que lors de la première édition. Il s’agit de constituer un corpus qui soit révélateur de l’ensemble des écrits de chaque tranche d’âge, en sélectionnant les écrits de premier jet les plus authentiques tout autant que les textes les plus travaillés, en tenant compte des lieux d’écriture, à la recherche d’un équilibre entre les écrits de Tahiti et ceux des îles, en mariant textes et illustrations, de façon à soutenir l’intérêt du lecteur, en évitant ce qui serait de l’ordre d’une monotone compilation.

capture-decran-2016-02-23-a-15-42-52C’est une alchimie difficile à décrire, qui dépend de la sensibilité du sélectionneur et du graphiste, ou du comité de lecture lorsqu’il y en a un.

Lors du premier Le dire & l’écrire, j’avais fait en sorte que chaque écrivant, même le plus timide, ait au moins un de ses textes publiés, avec l’idée que l’effort d’écriture soit en quelque sorte récompensé par la publication. En 2006 nous avons distribué 5 000 exemplaires du florilège Le dire & l’écrire dans l’espace du Salon.