Isa Qala

ISA Qala

Écriture et lecture, les amies fidèles

Microsoft Word - Bureau_auteur_Pascaline_Qala.docEn CM2, l’institutrice obligeait ses élèves à tenir un cahier d’expression, ce qui pour Isa Qala passait pour une corvée. « Je n’avais rien à dire et écrire puisque mon quotidien se résumait à l’école et aux tâches ménagères à la maison. » Mais l’institutrice lui a répondu que tout était important. « Au fil du temps j’ai adoré ça. J’ai trouvé dans l’écriture un fidèle compagnon, témoin de ma vie. L’écriture me procurait une certaine libération. » Encouragée par sa famille, Isa Qala n’a plus cessé d’écrire. Au collège, elle a commencé à sortir de l’écriture du quotidien pour inventer des vies. « C’était extraordinaire mais effrayant à la fois ! » Effrayant car un jour, une enseignante prit pour argent comptant un texte racontant une enfance gâchée. « J’ai compris qu’écrire et inventer c’est aussi mentir. Or, on nous répète partout que ce n’est pas bien de mentir. Mon écriture s’est limitée depuis à décrire mes pensées, des histoires de chez moi, des histoires de mon île mais aussi de mon pays. » La lecture fait, elle aussi, partie de la vie d’Isa Qala qui considère que « les deux vont ensemble ». En plus, elle a suivi une formation de graphothérapeute, un métier découvert par hasard lors d’un séjour en France dans un colloque sur les « dys ». Finalement sa vie tourne autour des mots, ou peutêtre grâce aux mots. Avec eux, elle soigne les maux. Elle partage et voyage, également. « J’ai cette impression quand je lis des livres d’auteurs polynésiens, aborigènes, samoans, papous, etc., que je ne suis pas seule à vivre le même quotidien. Dans le Pacifique on est une grande famille. »

 

Lifou sous la pluie [Éd. Humanis, 2019]

Isa qala lifou-sous-la-pluieCe recueil de nouvelles cherche à donner une autre vision de Lifou qui ne se résume pas au soleil et à ses plages paradisiaques. Sur cette île de Nouvelle- Calédonie, le soir, le sable resplendit dans la tendre lumière du couchant. Cela n’empêche pas certains de boire, de s’énerver et de hurler.  Sur cette île, il pleut aussi parfois. Alors, les nuages, lourds d’avoir été trop longtemps éloignés, crachent leur colère dans une orgie violente. Cela n’empêche pas certains de chanter et de danser. Et toujours, les roches noires se prélassent dans la mer complice. Les nouvelles sont signées Isa Qala, Patrick Genin, Nicolas Kurtovitch, Waej Génin-Juni, Saïpo Saïpo et Dick Samuel Ukeiwë. donner .