Gildas Gâteblé – Passionné de plantes ornementales

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Ingénieur de recherche à l’Institut agronomique néo-calédonien (IAC), Gildas Gâteblé est l’auteur du guide Flore ornementale de Nouvelle-Calédonie. Les lecteurs y trouveront une synthèse des travaux menés à l’IAC et des connaissances publiées sur l’histoire pré et post européenne des plantes ornementales de Nouvelle-Calédonie. Une soixantaine des plantes décrites poussent aussi en Polynésie.

Avant d’être un ingénieur, Gildas Gâteblé est un passionné. Un amoureux de belles plantes, celles qui poussent sur les chemins de randonnée, les flancs de montagne, les bords de mer ou bien encore les serres des horticulteurs. « J’ai toujours aimé les plantes », affirme-t-il. « Et ce, dès mon adolescence. J’étais bénévole le week-end et pendant les vacances scolaires pour le Conservatoire botanique de Brest pour le recensement des plantes du massif armoricain que j’ai appris à connaître sur le tas avec d’autres amateurs bénévoles. »

Comme la botanique, au sens systématique et taxonomique était « et est toujours ! » glisse l’ingénieur, un métier avec peu de débouchés, il oriente ses études vers l’horticulture, « un métier plus porteur et qui m’attirait également ». Arrivé en Nouvelle- Calédonie en 1998, en tant que volontaire à l’aide technique : « Je travaillais pour ce qui allait devenir l’Institut agronomique néo-calédonien. Ma mission était d’adapter des cultures de fleurs et feuillages coupés (rose, anthurium, chrysanthème, fougère, œillet…) sur l’île. » Par manque de financement sur le programme, il rentre en métropole en 2001-2002 et travaille pour la prestigieuse association Société nationale d’horticulture de France à Paris. Revenu en Nouvelle-Calédonie en 2003, il signe un contrat avec l’IAC pour continuer ce qu’il a initié en 1998. Après avoir contribué au développement des filières de fleurs et feuillages coupés entre 1998 et 2005, il s’intéresse à « l’exceptionnelle richesse floristique de la Nouvelle-Calédonie » et veut valoriser les plantes « du pays pour le pays ». Sur son temps personnel et sur les premiers financements spécifiques du « programme forêt sèche », il commence à travailler sur la botanique tropicale. Avec son équipe de techniciens et d’ouvriers, il œuvre à la domestication de ces plantes locales réputées incultivables ou qui n’en valent pas la peine dans l’imaginaire calédonien. Après des premiers résultats très concluants (Oxera, Canavalia, Turbina), il accentue progressivement les travaux en ce sens sur les fonds propres de l’IAC, en abandonnant totalement les travaux sur les fleurs « exotiques ». À partir de 2010, il se consacre uniquement à la valorisation des plantes endémiques et indigènes ornementales de Nouvelle-Calédonie dans une optique de développement économique de l’île.

Lorsqu’il détourne le regard de ses sujets de recherche, il est tout à la fois content de voir qu’après une grande vague d’uniformisation « la tendance est peut-être en train de s’inverser dans certains domaines. Les spécificités locales (biodiversité, social, culturel, économique, identitaire …) à l’échelle du jardin sont en train de se développer ». Mais il reste tout de même « extrêmement inquiet sur l’avenir de nos paysages, de nos plantes, des espèces, des habitats et sur la crise d’extinction massive qui a débuté et qui risque d’être dramatique si rien n’est fait rapidement. »

Flore ornementaleFlore ornementale de Nouvelle-Calédonie

Ed. Au vent des îles (2015)

Aboutissement d’une dizaine d’années de prospections de terrain, de travaux de recherche, de compilations bibliographiques et d’expérimentations en serre et en jardin, cet ouvrage d’exception est le premier du genre en Nouvelle-Calédonie : une somme des connaissances générales sur la flore locale, son économie et son histoire. Chaque fiche rassemble une mine d’informations sur le mode de culture, les soins à prodiguer, les techniques de multiplication, les utilisations en aménagement, etc.

Que vous soyez jardinier, fleuriste, pépiniériste, paysagiste, naturaliste amateur, botaniste éclairé, enseignant, scientifique, gestionnaire d’espaces verts ou curieux des beautés de la nature, vous y trouverez les informations essentielles sur près de 700 espèces.

À travers ce livre de référence, l’auteur a souhaité non seulement faire partager sa passion pour une flore remarquable, mais aussi faire progresser une filière économique prometteuse, sensibiliser le lecteur à la préservation d’un patrimoine exceptionnel et peut-être, ainsi, contribuer à inventer le jardin commun de demain.