David FAUQUEMBERG – La Polynésie ? Il n’avait rien vu d’aussi fort…

Auteur, voyageur, reporteur, traducteur, navigateur… David Fauquemberg ne suit pas une route toute tracée, ni un plan de carrière. « Je vis, je cherche, cela me mène ici puis là. » En novembre, ses pas le ramèneront en Polynésie pour évoquer son roman Bluff, véritable hommage aux cultures océaniennes, dont l’intrigue se déroule entre la Nouvelle-Zélande, les îles Sous-le-Vent, Hawaii et les atolls micronésiens.

DavidParu en France au début de l’année, Bluff est publié ces jours-ci en Polynésie par Au vent des îles pour faciliter l’accès des lecteurs. Car le roman a de quoi plaire.

« La plus grande joie qu’il m’a apportée, outre les belles amitiés qui se sont nouées au fil de ce projet, explique David Fauquemberg, ce sont les retours émus et enthousiastes d’auteurs et de lecteurs polynésiens, qui ont jugé que ce livre témoignait d’un profond respect, d’un amour même, des cultures polynésiennes. C’était vraiment le cœur de ce travail : rendre, en quelque sorte, ce qu’on m’avait donné dans ce si beau recoin du monde, cette “mer d’îles” chère au grand écrivain fidjien Epeli Hau’ofa ».

Pour écrire ce « roman océanien », l’auteur est parti à la rencontre de la Polynésie, la grande Polynésie.
Il a fait plusieurs voyages au fenua, notamment à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Tuamotu et dans les Australes jusqu’à Rapa, il a passé six mois à sillonner à pied et en voiture la Nouvelle-Zélande, où se déroule l’intrigue principale de Bluff, il s’est rendu aux Samoa et dans certaines îles des Fidji, a fait le tour de Rapa Nui à pied, « une expérience troublante, comme en apesanteur ».

David Fauquemberg vogue, marche, roule, arpente, monte et descend en prenant son temps. Il n’est pas pour autant un « boulimique du voyage ». Il retourne encore et encore aux mêmes endroits car ce qui l’intéresse, c’est « écouter, voir, et tenter de comprendre comment les gens vivent, à quoi ils rêvent, comment ils envisagent le monde. » Depuis vingt ans, il ne voyage que pour écrire, et témoigner. Son premier roman, Nullarbor, se déroulait dans l’Ouest australien. Fruit de sept années de travail, il sera couronné à sa sortie en 2007 du prestigieux prix Nicolas Bouvier au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Un livre qu’il était d’ailleurs venu présenter au salon « Lire en Polynésie » en 2012.

Ce qui l’a marqué en Polynésie ?

« Tout ! L’amour des gens pour leurs racines, la force et le soin constant qu’il leur a fallu pour les préserver malgré tout. Un certain rapport au monde naturel, en particulier la mer et la forêt, qui m’a profondément touché. Le goût du dialogue, une qualité d’écoute et de partage que je n’ai pas trouvée ailleurs, même sur les sujets les plus graves. Pour résumer mon sentiment après ces riches années d’immersion dans les cultures polynésiennes, à l’écoute des Tahitiens, des Maoris, des Rapa Nui, je citerai le Français, personnage central de Bluff : « De sa vie, il n’avait rien vu d’aussi fort. […] Le pays était puissant, voilà ce qu’il avait ressenti.” »

Rendez-vous

Samedi 17/11 | 14 h 55 | Conférence – Manger la langue

Samedi 17/11 | 17 h 45 | Rencontre – Écrivains en résidence : retours sur expériences

Dimanche 18/11 | 11 h 40 | Rencontre et présentation de Bluff

Dédicaces stand Éditions Au vent des îles

Samedi 17/11 | 10 h – 12 h |

Dimanche 18/11 | 14 h – 16 h |


CouveBlufweb-Bluff

Éditions Au vent des îles [2018]

On ne poussait jamais par hasard la porte de l’Anchorage Café, surtout en plein hiver austral, quand les rafales soufflées de l’Antarctique tourmentaient sans répit le sud de la Nouvelle-Zélande. Elles couchaient les panneaux et faisaient crépiter tous les drapeaux du port, elles projetaient des embruns glacés à vous tatouer la peau. On apercevait d’ici la fumée blanche des déferlantes qui saccageaient depuis deux jours les eaux pourtant abritées de Bluff Harbour. Au large, c’était l’enfer.

« Certaines scènes coupent le souffle par l’intensité physique des images qu’elles produisent. Mais au-delà de ce plaisir de lecture, Bluff est un roman d’aventure singulier, dont la poésie est le moteur et la sagesse des anciens Polynésiens, le sens et le trésor. » M. Abescat – Télérama.

« Un style qui fait mouche, liant le réalisme à la poésie la plus prenante. […] Un superbe quatrième roman ! » T. Clermont – Le Figaro littéraire.

Lauréat du prix Gens de Mer, Festival Étonnants Voyageurs, Saint-Malo, 2018.
Prix Henri-Queffélec, Festival Livre & Mer 2018.