Les invités du Salon

Ingrid ASTIER (France)

ingridIngrid Astier vit à Paris. Elle a débuté en écriture avec le Prix du Jeune Écrivain (Mercure de France, 1999). Quai des enfers, paru à la Série Noire, a été récompensé par quatre prix, dont le Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres. Elle est devenue la marraine de la brigade fluviale. Angle mort (Prix Calibre 47), plongée dans le grand banditisme et le cirque, est salué comme la relève du roman policier français.  Petit éloge de la nuit (Folio Gallimard, 2014), est le fruit de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures et de dialogues croisés. En 2015, elle publie le roman Même pas peur (Syros), hommage au premier amour et à l’audace des sentiments. Le Petit éloge de la nuit est adapté au Théâtre du Rond-Point en 2017 avec Pierre Richard, dans une mise en scène de Gérald Garutti. Il est repris en tournée en province et en Suisse et Belgique. « Le Petit éloge de la nuit d’Ingrid Astier nous entraîne vers la plus fascinante partie de nous-mêmes, là où l’ombre et le sommeil se mêlent et s’enlacent. Cette autobiographie maquillée est un magnifique hommage aux puissances de la nuit ! » (François Busnel, L’Express). En 2017, Gallimard publie Haute Voltige (Série Noire), un livre épique et romantique à la croisée du roman noir et du roman d’aventures, qui campe un Paris flamboyant et aérien. En 2019, elle publiera son dernier polar La vague (éditions Gallimard), un roman saisissant sur la mythique vague de Teahupoo, résultat de plusieurs séjours en immersion à Tahiti et dans plusieurs archipels polynésiens. L’ouvrage sera également édité par Au vent des îles pour une version destinée au marché francophone du Pacifique.

Myriam MALAO (Vanuatu)

myriam malaoMyriam Malao est présidente de l’association des femmes du marché de Port-Vila qui regroupe six associations, elle est aussi cuisinière et cheff
e au marché de Port-Vila et formatrice dans des ONG telles que la Croix-Rouge de Vanuatu, Oxfam Vanuatu et Tivet, ainsi que la seule femme élue au Conseil Municipal. Femme engagée, elle représente toutes celles qui œuvrent en silence et lui font confiance pour parler en leur nom. C’est à ce titre qu’ensemble, elles ont créé la troupe de théâtre Island Girl. Les histoires qu’elles jouent et interprètent sont toutes inspirées de faits réels, de leur réalité. Après une représentation dans l’enceinte même du marché de Port-Vila, qui a reçu un accueil des plus enthousiastes, ces Mamas ont réunis les textes de leur pièce, écrits en bichlamar et en ont fait un livre, intégrant des versions traduites en français et en anglais.  Elle est également conteuse professionnelle et actrice dans une pièce
intitulée Aelan gel

Hamid MOKADDEM (Nouvelle-Calédonie)
Capture d’écran 2019-07-01 à 10.42.12Hamid Mokaddem est professeur formateur à l’Ifmnc (institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie). Agrégé de philosophie, docteur en anthropologie et ethnologie, il milite pour des éditions indépendantes et aide les auteur-es kanak et calédoniens à pouvoir s’exprimer dans l’espace de publication en Nouvelle-Calédonie. Auteur, éditeur, chercheur, il entreprend des travaux sur les trajectoires collectives et individuelles d’acteurs océaniens. Dans les années à venir, il programme d’écrire trois livres (Jubelli Wea, Eloi Machoro et Jean-Pierre Taïeb Aïfa) et de réaliser avec Jean-David Nüne Luepack, jeune cinéaste kanak, un documentaire sur la trajectoire révolutionnaire d’Eloi Machoro.

ISA QALA (Nouvelle-Calédonie)

Microsoft Word - Bureau_auteur_Pascaline_Qala.doc Isa Qala est originaire de la tribu de Kirinata dans le district de Wetr à Lifou, où elle a passé toute son enfance et où elle enseigne aujourd’hui. Sa passion pour les livres l’a conduite à obtenir une licence de lettres modernes puis elle a suivi, en Métropole, une formation en politique culturelle et une autre en graphothérapie. Par ailleurs elle souhaite contribuer à la transmission du patrimoine culturel, notamment par son implication dans la troupe de danse du Wetr. Dans une démarche d’écriture depuis son adolescence, Isa Qala s’installe peu à peu dans le monde de l’édition.

 

 

Paul WAMO (Nouvelle-Calédonie)

50679507_1013792038807903_4864351217804902400_nSlameur à l’énergie débordante, Paul Wamo est l’une des plumes les plus acérées de la jeunesse de Nouméa. Élevé en ville, tourné vers le monde, mais sans cesse rappelé à ses origines, il place naturellement la question de l’identité au cœur de ses textes et mélodies. Il clame haut et fort qu’il est « NOIR, NOIR, NOIR », comme des coups de poings lancés à l’histoire. En héraut moderne de la négritude, il adapte des textes d’Aimé Césaire. En homme du monde, il cite aussi Baudelaire ou Brel comme ses influences. Paul Wamo refuse en effet de se retrancher derrière l’insularité. S’il reste très attaché à sa culture kanak, sa perception du temps, ses langues ou même sa musique, il plaide avant tout pour l’ouverture au monde et le dialogue avec les autres cultures. Enfant timide, il peine à attirer les regards, à s’affirmer. « J’étais le vilain petit canard. Personne ne voulait jouer avec moi : j’étais un peu le petit pleurnicheur. Pendant ma petite enfance, je n’étais pas extraverti, un peu mal dans ma peau, j’étais très fan de Club Dorothée. Je m’évadais à travers Club Dorothée ! » C’est au lycée qu’il se tourne peu à peu vers l’écriture. À cette époque, il découvre le rap grâce à Mc Solaar, poète moderne qui revigore la poésie en important le rap des États-Unis. Paul Wamo écrit ses premiers textes rap en 2000, mais c’est à partir de la rencontre du poète et éditeur Frédéric Ohlen en 2002 qu’il s’oriente vers la poésie et le slam. Alors qu’il publie en 2006 son premier recueil de poèmes, Le Pleurnicheur, Paul Wamo multiplie les apparitions sur scène. Elle est pour lui comme une tribune : sa poésie doit passer par l’oral pour mieux toucher les gens. Paul Wamo l’admet, la Nouvelle-Calédonie est encore peu tournée vers la poésie ou la littérature. Par son énergie, son engagement, il désire insuffler l’envie d’écrire aux jeunes générations. Avec son livre-album J’aime les mots, Paul Wamo livre une œuvre à l’image de ses préoccupations : sa poésie et sa musique sont à la fois ancrées dans ses origines kanaks, mais aussi tournées vers le monde. Il mêle français et kanak dans ses textes, se fait accompagner de chanteurs et artistes folks de Nouvelle-Calédonie, de musiciens reggae, ou simplement d’une guitare.

  

Jean-Christophe TIXIER (France)

Jean-Christophe TixierAprès vingt ans passés dans l’enseignement et la formation, il se consacre aujourd’hui totalement à l’écriture. Il a écrit une vingtaine de romans dans des genres et pour des âges différents, en particulier pour adolescents. Il est aussi l’auteur de nouvelles et de fictions radiophoniques qui ont été diffusées sur France-Inter.

Début 2019 paraîtront un roman adulte et une bande-dessinée dont il a écrit le scénario. Il est le créateur et responsable du salon « Un Aller-Retour dans le Noir », qui invite chaque année à Pau, le premier week-end d’octobre, 25 auteurs français et étrangers de romans noirs.

Laurent CARDON (France)

laurentcardon_arquivopessoalLaurent Cardon, auteur illustrateur français, résident au Brésil à Sao Paulo depuis 1995.

Diplômé de l’école d’animation des Gobelins à Paris, il a travaillé sur de nombreux films d’animation com me animateur, storyboarder, layoutman , puis superviseur de productions d’animation en Espagne, Chine, Corée et plus récemment, directeur artistique d’un studio d’animation français au Vietnam.

Enseignant cinema, c’est au Brésil qu’il a commencé à travailler en littérature jeunesse et aujourd’hui compte une soixantaine de livres illustrés et de nombreux prix . 6 livres sont publiés  en France aux éditions du Père Fouettard .

site: http://laurentcardon.wix.com/portfolio

Frédéric LEVY (France)

fred levy
Né en région parisienne. Après avoir suivi des études d’art appliqué, Frédéric devient tour à tour, roughman, graphiste puis directeur artistique dans l’édition dans diverses agences de publicité dont Young & Rubicam. Rattrapé par son goût pour l’illustration, il écrit et illustre en parallèle ses deux premiers albums jeunesse en 2005 et 2006 édités chez Talents Hauts («Quand Lulu sera grande» et «Le meilleur cow-boy de l’Ouest»). Vient ensuite en 2008 la série « des Papareils », six albums mélangeant humour, aventure et poésie, qui définit son style graphique : un trait simple rehaussé par des zones denses « grattées » et des aplats de couleurs dans une palette épurée. Il travaille et vit à Paris.

Cathie MANNÉ (Nouvelle-Calédonie)

cathieAprès une formation en marketing puis en gestion, Cathie Manné met le cap sur le livre après sa rencontre avec Laurence Viallard. Ensemble, elles fondent les éditions Grain de Sable. Impliquée dans la filière du livre en Nouvelle-Calédonie, elle décide de créer Book’In qui se veut un outil culturel au service des auteurs et des éditeurs. Aujourd’hui, elle aime faire voyager les livres qui sont une vitrine culturelle de son pays.

Christophe AUGIAS (Nouvelle-Calédonie)

Christophe-AugiasTitulaire d’une licence d’anglais, Christophe Augias entre en bibliothèque comme on entre en religion dans sa 27ème année pour y exercer rapidement des fonctions d’encadrement. A la fin de l’année 199, il réussit le concours d’entrée à l’école nationale supérieurs des sciences de l’information et des bibliothèques où il séjournera 18 mois pour obtenir le diplôme national. Il revient ensuite à la bibliothèque Bernheim qu’il dirige depuis 2002.

Concours Livre jeunesse

le concours de livre jeunesse

IRCP CONCOURS LIVREL’AETI et L’IRCP ont souhaité mettre en place une action phare en partenariat avec la DGEE et le CLEM, et grâce aux soutiens de nombreux sponsors : un concours d’écriture jeunesse : « île était une fois mon récif » 

Opération qui s’étendra sur les éditions 2019 et 2020 du Salon du livre.

« A vos plumes, feutres et autres crayons de couleurs pour nous raconter en mots et en images une histoire, une histoire d’île côté récif »

Ce concours vise à appréhender d’une part les représentations que les enfants et les adultes se font des écosystèmes marins, et d’autre part à les sensibiliser à la richesse et à la vulnérabilité des récifs coralliens.

En favorisant le dialogue entre la littérature, l’illustration et la culture scientifique, le comité organisateur est heureux de participer à la sensibilisation des écosystèmes coralliens et à leur gestion.

Le concours invite à écrire et illustrer une histoire en langue française ou en langue polynésienne. Les productions résulteront d’une écriture individuelle ou collective (binômes, groupes, classes).

Qui peut participer 

Le concours est ouvert à tous. 

Catégories du concours

Pour permettre à un maximum de personnes de participer le concours sera ouvert à 2 catégories :

  • catégorie adulte (plus de 18 ans): 
  • Catégorie jeunesse avec :

– section cycle 3/CJA

– section Collège

– section lycée

– section structures spécialisées

Le principe du concours

Ecrire et illustrer individuellement ou collectivement une histoire traitant de la préservation des récifs coralliens.

Consignes à respecter

1/ Elles devront obligatoirement comporter un titre 

2/ Elles devront comporter un maximum de 5 plantes A4 (format paysage) avec textes et visuels qui donneront 10 pages A5

3/ Elles devront respecter le thème du Concours.

4 / Elles devront s’intégrer dans une des formes d’écriture proposées : Aventure et Exploration / Contes et Légendes / Sciences Fiction / Thriller

5/ Elles devront être rédigées en langue française ou en langues polynésiennes;

6/ Elles devront être des productions originales, inédites et exemptes de droits quels qu’ils soient ;

7/ Elles ne devront comporter aucun nom, signature et autre signes distinctifs qui pourraient permettre au Jury de reconnaître l’identité de l’auteur ;

8/ Elles ne devront comporter aucun propos raciste, xénophobe ou diffamatoire.

Comment rendre sa ou ses histoires ?

Les participants pourront :

– soit déposer leur(s)  production(s) au bureau de l’Association des éditeurs de Tahiti et des îles, situé dans les locaux de la maison d’édition Au vent des îles, à Fare Ute en face de Renault Minute.

– soit par voie électronique, à l’adresse mail : lep@mail.pf

Afin de pouvoir être contactés si leur production a été sélectionnée, les participants devront remplir et

joindre à leur courrier ou courriel le formulaire de participation (page suivante)

Procédé du concours :

Pour la catégorie adulte : 

Un jury composé de professionnels du livre, d’enseignants, de lecteurs avertis et de scientifiques, désignera le lauréat pour la catégorie adulte.

Pour la catégorie scolaire et établissement spécialisés : 

Un jury composé de représentants du CLE, désignera les lauréats pour les 4 catégories jeunesse

Un recueil regroupant les lauréats et les meilleures histoires sera édité et distribué gratuitement à l’occasion du Salon du livre 2020

Partez pour un voyage au cœur d’un univers mystérieux, poétique, onirique ! Mettez en scène une biodiversité insolite, invisible depuis la surface, en vous éloignant le plus possible du littoral. Utilisez les outils et les engins d’exploration pour décrire les reliefs et la vie microscopique. Peut-être alors croiserez-vous des créatures marines légendaires qui peuvent s’avérer bien réelles ?

Retrouvez toutes les informations sur les sites www.ircp.pf ou www.lireenpolynesie.pf

  • règlement scolaire / règlement grand public
  • Fiche d’inscription scolaire/ Fiche d’inscription grand public

Avec le soutien de nos partenaires: 

 

Résultats concours d’écriture « chroniques des îles »

fb

 

15 textes retenus pour la suite du concours « chroniques des îles », organisé dans le cadre du salon du livre qui se déroulera du 14 au 17 novembre à la maison de la culture

Beau succès pour le concours Chroniques des Iles qui a mobilisé les plumes de polynésie jusque dans les iles les plus éloignées (Mangareva, Nuku Hiva, Rurutu, Hao, Rangiroa, Bora-Bora … ). 

Le concours était ouvert jusqu’à dimanche 20 octobre.

Le comité organisateur a reçu 66 textes pour la catégorie adulte, 18 pour la catégorie collège et 8 pour la catégorie lycée. 

Le concours, organisé en partenariat avec Polynésie Première et Tahiti Infos, proposait aux polynésiens de laisser aller…leur plume, leur clavier, et leur coeur, et ainsi trouver les mots qui les lient à une ile, la leur, une île rêvée ou lointaine…

Des mots pour : des sentiments, des joies quelques fois des douleurs, de l’amour, des craintes, de la poésie, des souvenirs, des projets ou des rêves….le tout en 3000 signes, en français ou en langues polynésiennes.

Le comité de lecture, composé de Marie-Noëlle Fremy, Pierre Daumont (Tahiti Infos), Thomas Teriiteporouarai (Polynésie 1ère), Odile Puroe et Heiura Itae Tetaa (Speak Tahiti, Paraparau Tahiti) ont sélectionné quinze textes retenus pour la suite du concours :

Lou Maelei pour une aube sans lendemain (Tahiti) (texte en français)

Myrna Peterano chronique d’une culture de la séparation chez les îliens (Nuku Hiva) (texte en français)

Isabelle Tollu pour en transit (Tahiti) (texte en français)

Claire Le Gall pour l’île d’elle (Tahiti) (texte en français)

Jean Philippe Porta pour une elle, deux ils (Tahiti) (texte en français)

Koko Tama Nō Puti’o pour pāpā’ū (Tahiti) (texte en tahitien)

Molly Jean pour la vraie beauté des îles (Tahiti) (texte en français)

Soko pour île y a (Tahiti) (texte en français)

Stéphanie Waxrzyniak pour Hotu pāinu (Tahiti) (texte en français)

Rosa Versiglioni pour Les chèvres de Rosa (Rurutu) (texte en français)

Tane Raapoto pour Te rātere i to na iho fenua : mai roto mai i te pau e i roto i te î  (Tahiti) (texte en tahitien)

Mareva Jacquart pour le cocotier de Mama Nati (Rurutu) (texte en français)

Marine Cettolo pour j’ai rêvé d’une île (Tahiti) (texte en français)

– Samuel Arnoux pour l’île de clampin (Tahiti) (texte en français)

– Jenny Pradines pour Noctambules (Tahiti) (texte en français)

L’Association des Editeurs de Tahiti et des îles, ses partenaires, Polynésie 1ère et Tahiti Infos, ainsi que le comité de lecture remercient chaleureusement toutes plumes de Polynésie qui ont participé à ce concours « chroniques des îles ». Un grand merci pour ces histoires et félicitation pour la qualité des récits, l’originalité des inspirations et des styles et la diversité des thèmes abordés.

« Une belle sélection », « un joli moment de lecture », « beaucoup d’émotions », « des pointes d’humour », « la force de certaines réalités », « des questionnements qui nous apostrophent » « le paradoxe de la distance qui rapproche », « des liens plein de tendresse avec les îles » sont parmi les expressions les plus souvent entendues au cour des délibérations du comité de lecture.

La suite du concours   

Chacune des chroniques sélectionnée sera publiée dans Tahiti Infos et multi-diffusée sur les ondes de Polynésie 1ère à partir du jeudi 24 octobre jusqu’au 15 novembre.

Et ce sera au tour du public de se prononcer en votant sur le site www.tahiti-infos.com pour son histoire préférée. 

Des lectures publiques seront organisées au sein de la programmation du Salon du livre, du 14 au 17 novembre à la maison de la culture.

Le palmarès (les prix jeunesse, le prix du public et le prix du jury) sera annoncé le dimanche 17 novembre à 13h sur le paepae de la maison de la culture pendant le Salon du livre. 

Patricia GRACE – La grâce des mots

Fondatrice de la « fiction maorie », Patricia Grace a ouvert les yeux du monde sur la culture de son pays. Elle a, grâce à ses nouvelles, ses œuvres de littérature jeunesse, ses mots et son cœur, montré l’essence même de son peuple. À quatre-vingt-un ans, elle poursuit sa route. Elle fait escale à Tahiti avec, dans ses bagages, Chappy qui vient d’être traduit en français et Haka ou la fabuleuse histoire du fameux haka Ka mate.

Patricia-Grace-1Patricia Grace est écrivain. Pas n’importe quel écrivain. Tête d’affiche de ce nouveau salon du livre, elle est la fondatrice de « la fiction maorie ». Son premier recueil de nouvelles, Waiariki and Other Stories paru en 1975 est l’un des premiers ouvrages publiés par une auteure maorie. À ce propos, Patricia Grace nuance : « Ce n’est pas important d’être la première. » Dans cette aventure, seul le résultat compte. « Et puis il y avait d’autres femmes maories dont les textes étaient publiés dans des magazines à cette époque. Je crois qu’en fait, ce sont elles les véritables pionnières. » Née en 1937, à Wellington, Patricia Grace est, elle insiste, « une Maorie d’Aotearoa ». Sa mère est européenne, son père maori. Ses ancêtres paternels la relient aux tribus (iwi) Ngāti Toa, Ngāti Raukawa et Te Āti Awa. Elle est affiliée à la tribu Ngāti Porou par son mariage. Elle est aujourd’hui installée près de la mer dans la baie d’Hongoeka à Plimmerton. Hongoeka est également le nom d’une communauté dans la ville de Porirua, au nord-ouest de Plimmerton, adjacent à la baie d’Hongoeka.

« J’ai, en fait, toujours aimé lire »

Elle a étudié au Teachers’ Training College et à l’université Victoria de sa ville natale avant d’enseigner l’anglais. « Mais j’ai toujours aimé écrire. J’ai, en fait, toujours aimé lire et je pense que c’est cela qui m‘a mené à l’écriture un jour. J’avais une petite vingtaine d’années quand je me suis lancée. » Elle a participé à un atelier d’écriture avant d’être publiée. Waiariki and Other Stories a été reconnu aussitôt paru, et récompensé par le PEN/Hubert Church Award, prix du meilleur premier ouvrage de fiction. Un prix comme une première fenêtre ouverte. Les histoires de ce premier livre racontent les voix maories, les différents aspects de leur vie, les difficultés rencontrées. Car, en plus de faire connaître son peuple, Patricia Grace explore les conflits entre les traditions, la mise à l’épreuve des valeurs communes. Ses livres sont des passeurs.

Avec humour, authenticité et bienveillance, ils relaient les revendications portées par son peuple comme la restitution des terres ancestrales confisquées au XIXe siècle par les colons ou bien la reconnaissance de la langue.

Un « combat » remporté en 1987 quand la Nouvelle-Zélande déclara le reo māori langue officielle. «Patricia Grace a contribué à inscrire une multitude de voix maories dans le paysage littéraire d’Aotearoa », confirme Anne Magnan-Park, traductrice, également invitée du salon du livre. Elle a travaillé sur un certain nombre de ses ouvrages pour les rendre accessibles au public francophone. « Ses écrits ont émergé dans un contexte postcolonial », poursuit-elle.

« Patricia Grace donne voix à une population vigoureuse et résolue, souvent marginalisée, stéréotypée, à des valeurs qui leur sont propres et qui s’inspirent d’un héritage ancestral. »

Récompensée aux quatre coins du monde

Depuis 1975, Patricia Grace a signé de nombreux textes avec, pour guide, sa culture et son pays. Ses ouvrages, sept romans, cinq recueils de nouvelles et plusieurs livres pour enfant, ont reçu des prix nationaux et internationaux. Par exemple, en 2001, elle a reçu le prix Kiriyama, prix du meilleur livre Pacifique pour Les Enfants de Ngarua.

Elle a, par ailleurs, reçu le prix international Neustadt de la littérature en 2008 pour l’ensemble de son œuvre. Un prix qui suit de près le prix Nobel en termes de reconnaissance. Il est d’ailleurs surnommé le petit Nobel américain ! Les textes de Patricia Grace sont également traduits, en français notamment. « Une chance » affirme- t-elle. Une reconnaissance et une confiance qui lui sont fidèlement accordées. C’est dire si ses mots touchent. Ils vont au-delà d’Aotearoa, traversent les mers, gagnent les hommes et les femmes de tous les continents.

Après dix ans d’absence de la scène littéraire, elle a signé Chappy en 2014. Chappy, qui a remporté le prix Nga Kupu Ora, en 2016, est l’histoire d’un Japonais que les circonstances ont porté jusqu’en Nouvelle-Zélande où il s’est lié d’amitié avec un marin maori. Le Japonais est arrêté comme ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale. « Cette histoire est principalement racontée par d’autres personnages, son frère adoptif, sa femme, son petit-fils. » L’ouvrage vient tout juste d’être traduit et paraît chez Au vent des îles. Patricia Grace en parlera lors du salon du livre.

Elle évoquera également Haka, l’histoire d’un leader maori très connu : Te Rauparaha. Ce leader, un guerrier, avait des ennemis. Un jour, en voulant leur échapper, il a sans le vouloir composé le haka Ka Mate. Ce haka, rendu célèbre par l’équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV, est sans doute « le plus fameux poème néo-zélandais », comme le décrit l’historien James Belich. Depuis février 2009, l’iwi Ngāti Toa dont Te Rauparaha fut le chef, s’est vu reconnaître les droits de propriété intellectuelle du Ka mate. La mesure, symbolique, vise à restreindre l’emploi de ce haka dans les publicités sans le consentement de l’iwi désormais « propriétaire ». Patricia Grace, qui appartient elle-même à l’iwi Ngāti Toa, a souhaité raconter l’histoire du Ka mate aux enfants. « En Nouvelle- Zélande, les enfants connaissent le haka, bien sûr, mais il n’y avait jusqu’alors aucun livre accessible pour eux sur le Ka mate. » Le livre illustré par Andrew Burdan est paru en anglais en 2015. Il vient d’être traduit par Yamila Cowan et paraît aux éditions Au vent des îles.

Rendez-vous

Jeudi 15/11 | 10 h 20 | Conférence – Les personnages des nouvelles et des albums jeunesse de Patricia Grace

Jeudi 15/11 | 18 h 35 | Table ronde – Voix littéraires, poétiques et… politiques !

Vendredi 16/11 | 19 h | Rencontre avec Patricia Grace autour de son roman Chappy et de l’album jeunesse Haka

Samedi 17/11 | 14 h 55 | Conférence – Manger la langue

Dédicaces sur le stand Éditions Au vent des îles

Samedi 17/11 | 16 h 30 – 18 h 30 |

Dimanche 18/11 | 14 h – 16 h |


couv--HakapetitwebHaka

Taduit par Yamila Cowan – Éditions Au vent des îles [2018]

Le haka Ka mate est une danse guerrière de Nouvelle-Zélande. Il a été créé par le chef de guerre d’un clan maori. Alors qu’il tentait d’échapper à une tribu ennemie, il imagina les premiers mots de ce qui deviendrait le haka le plus célèbre au monde :

Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora !
Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora !

Ce livre est la véritable histoire de ce haka, un rituel guerrier qui symbolise la force et la détermination de tout un peuple, qui doit sa genèse au hasard d’un grand moment de doute. Ce texte pourra donner l’occasion de découvrir certaines traditions des Maoris (tatouage, clans, rituels…), peuple autochtone de la Nouvelle-Zélande.

Album jeunesse dès 7 ans.


Couv 978-2-36734-189-7ChappyChappy

Traduit par Jean Anderson et Marie-Laure Vuaille-Barcan – Éditions Au vent des îles [2018]

Le septième roman de Patricia Grace relate avec une certaine nostalgie l’histoire d’une famille maorie sur une période allant des années 1920 jusqu’à aujourd’hui. Un jeune homme, Daniel, ce « garçon boudeur » qui a grandi en Europe, est envoyé chez sa grand-mère Oriwia en Nouvelle-Zélande. Sur une période de dix-huit mois, il apprendra non seulement la langue maorie, mais aussi l’histoire familiale telle que la racontent le vieux Tiakiwhenua, (surnommé Aki, « gardien de la terre ») et sa grand-mère. En plus des histoires individuelles d’Aki, marin et grand voyageur qui épouse une Hawaiienne, et d’Oriwia, qui ne quitte jamais les terres familiales mais devient la femme d’un Japonais déserteur de l’armée, le mystérieux grand-père Chappy, le livre évoque la vie traditionnelle des peuples autochtones du Pacifique et leur grande migration vers les villes avant et après la Seconde Guerre mondiale.

« Patricia Grace, auteure majeure de cette île de l’océan Pacifique née en 1937, mêle les voix pour donner chair à l’histoire néo-zélandaise. Le lecteur apprend beaucoup et se régale de cette époque sur près d’un siècle. La culture maorie, les relations avec le Japon et Hawaï, la solidarité familiale sont autant d’ingrédients qui donnent du sel à ce récit. » Ouest-France

« Chappy permet de prendre conscience des enjeux des îles du Pacifique, comme terre des ancêtres et non terre de spéculations étrangères. C’est raconté délicatement, le récit de ce peuple multiple, riche et soudé. » S. H., L’Alsace

Selina TUSITALA MARSH – La Nouvelle-Zélande est ma maison, mais je suis citoyenne d’Océanie

Les ancêtres de Selina Tusitala Marsh viennent des Samoa, de Tuvalu, de Grande Bretagne, d’Écosse, de France. Elle est la voix des peuples Pasifika, ces personnes descendantes d’îliens du Pacifique. Pour eux, elle écrit en faisant rimer, elle déclame pour faire rayonner une culture qui gagne doucement en reconnaissance.

selina marsh in performance« Je suis née à Aotearoa, Nouvelle- Zélande. Ma mère a des origines des îles Samoa et Tuvalu, mon père est né en Nouvelle-Zélande de parents venant de Grande-Bretagne, d’Écosse et de France. La Nouvelle- Zélande est ma maison, mais je suis citoyenne d’Océanie et représentante de la communauté Pasifika. » Un terme qui fait référence aux insulaires du Pacifique.

Comme son aînée Patricia Grace, Selina Tusitala Marsh est une pionnière. Elle est la première femme d’une île du Pacifique à avoir décroché un doctorat d’anglais à l’université d’Auckland grâce à une thèse portant sur des femmes auteures. Depuis, elle enseigne dans cet établissement au département Drame et Écriture. En parallèle, elle écrit.

C’est une poétesse. Écrire est un moyen pour elle de se (re)connaître.

« Les pages sont des espaces pour le son des voix qui ne trouvent pas d’écho ailleurs. Ou si peu. L’écriture en général et la poésie en particulier m’offrent un retour sur moi-même. Elles permettent au monde d’être à la fois courageux et terrifiant, drôle et romantique, bruyant et calme. »

Selina Tusitala Marsh espère que d’autres se retrouvent dans ses écrits et cite Maya Angelou, une poétesse, écrivaine, actrice et militante américaine : « Un oiseau ne chante pas parce qu’il a des réponses, il chante parce qu’il a des chansons ». Pour Anne Magnan-Park, traductrice, Selina Tusitala Marsh « suit une démarche très similaire à celle de Patricia Grace, bien que leur style soit très différent. Selina s’attache à inscrire un florilège de voix émanant des insulaires du Pacifique, un terme qui fait référence à l’un de ses poèmes les plus connus intitulé Fast Talking PI. Elle s’approprie ce terme bien qu’il ait des connotations coloniales négatives mais elle préfère en général le terme Pasifika (ou ses déclinaisons). Elle hérite des changements positifs opérés par Patricia Grace et ses contemporains mais auxquels vient s’ajouter le contexte de l’immigration. »

L’œuvre de Selina Tusitala Marsh est reconnue à Aotearoa et au-delà, ses poèmes étant traduits dans plusieurs langues dont le français. Par exemple, en 2015, elle a été récompensée au festival de littérature australienne et néo-zélandaise de Londres. En 2017, elle s’est distinguée lors de la rencontre des poètes lauréats de Nouvelle-Zélande pour 2017-2019. En 2016, elle a par ailleurs composé le poème Unity pour la reine Elisabeth II qu’elle a déclamé dans la chapelle de Westminster à l’occasion d’un comité international du Commonwealth. Aujourd’hui, elle est installée sur l’île de Waiheke en Nouvelle Zélande, face à Auckland, entourée de son mari et ses trois fils.

Son rêve ? Que l’un de ses trois garçons lui écrive un poème. En attendant, elle quitte son île pour la nôtre en ce mois de novembre. Elle promet, à cette occasion, de proposer un extrait de Calabash Breakers (Casse- Calebasses) lors d’une performance. Et puis, intuitive, elle aime interagir avec son public. « Je verrai ce que mes oreilles capteront pour choisir, en fonction des lieux et des gens, quels poèmes je pourrai partager sur place. »

Elle animera également un atelier de « Creative Poetry ».

Rendez-vous

Jeudi 15/11 | 16 h 05 | Table ronde – Voix littéraires, poétiques et… politiques !

Jeudi 15/11  | 18 h 05 | Perfomance poétique et lectures scénarisées Casse-Calebasses

Vendredi 16/11 | 16 h 55 | Rencontre – Talanoa avec Anne Magnan-Park

Dimanche 18/11 | 14 h | Creative poetry workshop – « Finding your voice » How do you find your voice?

How do you write your own, unique, creative turangawaewae (Maori for ‘standing place’) on the page? This 3 hours practice-based workshop, facilitated by New Zealand’s first Pasifika Poet Laureate, will explore your voice through experimentation and writing exercises. Please, bring a photocopy or a piece of writing written in a language other than English.

It might be copied from a book, an article, a letter written by anyone else but you and more important : don’t forget your curious mind !

Salle Mato – Sur inscription au 40 50 95 93 ou par mail à lireenpolynesie@mail.pf 

Dédicaces sur le stand Lire un Pays

Samedi 17/11 | 15 h – 17 h |

Dimanche 18/11 | 10 h – 12 h |


Casse-calebassesCasse-Calebasses – Calabash Breakers

Traduit par Anne Magnan-Park – Éditions Les petites allées [2018]

Quatre poèmes bilingues (anglais et français) de la poétesse officielle de la Nouvelle-Zélande en 2017, qui a des origines dans plusieurs lieux dont Samoa et Tuvalu, la France et l’Angleterre, et qui écrit comme elle boxe, avec énergie et talent. Livré sous sachet cellophane avec une enveloppe assortie.

Dora WADRAWANE – On ne peut plus parler de culture orale aujourd’hui

Dora Kameango Wadrawane, auteure de L’Hom Wazo, est chef du service de la culture à la direction de la culture et des affaires coutumières, à la Province des îles Loyauté. Installée sur son île natale, à Maré, elle s’occupe d’un centre culturel et de programmation culturelle.

Dora Wadrawane

Parlez-nous de L’Hom wazo.

C’est ce qu’on appelle un conte initiatique, où j’ai essayé de donner ma vision de l’amour et de la vie commune. C’est l’histoire du passage entre l’enfance/l’adolescence et le monde adulte. Une étape où les événements que l’on vit sont réels et ancrés dans une réalité commune, banale, rassurante, enfantine, acquise, et une étape ou une « fin » où les événements sont mouvants, transformables, fantastiques, changeants selon la force et la volonté de la personne, selon ses convictions, ses croyances, selon l’avenir souhaité. Cela peut paraître inversé, dans l’enfance et l’adolescence, il faut s’asseoir avec la réalité et composer avec, dans le monde adulte, il faut transformer cette réalité et la modeler.

Vous avez écrit ce roman « pour que les jeunes de chez vous puissent se reconnaître », pourquoi ce besoin ?

J’étais une grande lectrice. J’aimais tous les romans jeunesse, les romans policiers, les ouvrages de littérature. Lire pour moi ce n’était pas juste un passe-temps, c’était aussi une manière de s’évader. J’ai toujours aimé cette communion avec un auteur au travers d’un ouvrage. C’est une discussion que vous ne retrouvez nulle part ailleurs. À ma plus grande déception, dans les années 1996-2000, je n’ai jamais trouvé de roman se déroulant au pays. Ils venaient de la métropole ou d’autres pays. Je n’en ai trouvé qu’un seul, Terre Violente, de Jacqueline Senes, et ça m’a plu.

Je voulais écrire quelque chose qui se déroule chez moi en espérant rendre service aux jeunes comme je me serais rendu service à moi-même.

Quelle est la place du livre dans une culture orale ?

Je pense qu’on ne peut plus parler de culture orale aujourd’hui. Nous sommes dans les nouveaux médias : réseaux sociaux, téléphonie, Internet… La télévision a fait son chemin et devient un média révolu. La culture orale prend de nouvelles formes, et c’est à nous de choisir celle que nous voulons lui donner, nous les « peuples premiers » qui avons encore un certain rapport au mythe. Il ne tient qu’à nous d’en décider : ouvrages, danses, pièce de théâtre, musique… Une personne bien ancrée dans sa culture n’a qu’à choisir le média avec lequel elle souhaite transmettre sa culture, son patrimoine. Le livre a ce rapport particulier de tisser du lien entre deux personnes dans le cadre d’une fiction ou d’un ouvrage d’analyse, cela dépendra de sa forme, si c’est un documentaire, il servira plutôt à informer et transmettre.

Moi je préfère la voix du dialogue et du partage, de la connivence, celle des ouvrages de fiction ou d’analyse, où un auteur se donne, donne ce qu’il est au lecteur.

À quoi aspirez-vous ?

Je souhaite développer le milieu artistique et la valorisation de notre patrimoine dans les îles Loyauté. Nous avons beaucoup de richesses qui, malheureusement, ne sont pas assez valorisées. Nous n’avons pas assez misé sur cela dans nos politiques publiques, en tous cas les efforts n’ont pas été fait, et je pense qu’il faut s’y mettre aujourd’hui avec sérieux et conviction pour l’avenir de nos enfants.

Rendez-vous

Samedi 17/11 | 10 h 25 | Fil rouge

Dimanche 18/11 | 15 h 40 | Présentation L’Hom Wazo

Dédicaces sur le stand Lire un Pays

Samedi 17/11 | 14 h – 16 h

Dimanche 18/11 | 14 h – 16 h


l-hom-wazoL’Hom Wazo

Éditions Madrépores [2009]

Patou, qui vit dans sa famille à Maré, apprend que le jeune homme qu’elle fréquente en grand secret est mort brutalement à Nouméa. Cachant sa peine, elle est bientôt prise d’étranges sensations, se sent épiée, suivie. Chaque nuit, ses rêves la transportent dans un autre monde. Elle y est poursuivie par un ennemi qu’elle ne peut identifier. Afin de percer le mystère de cette force inconnue qui bouleverse ses nuits et sa vie, elle consulte une guérisseuse qui lui conseille un remède afin d’y voir plus clair. Mais ses questions restent sans réponse : elle se sent aux prises avec une réalité parallèle. Chaque nuit, Patou devient Manouké, une jeune guerrière héritière de la force de son clan, qui n’aspire pourtant qu’à la paix. Bientôt, elle succombe aux attraits d’un homme- oiseau au regard envoûtant, capable de la transporter dans les airs. C’est un jeune guerrier du monde des anciens, qui se métamorphose dès la nuit tombée. Il veut l’entraîner avec lui dans l’autre monde et, s’il y parvient, elle en mourra.

Prix Michel Lagneau 2009

Ismet KURTOVITCH – Faire de l’humour, c’est ce que j’aime par-dessus tout !

Ismet Kurtovitch est historien, spécialiste de la Nouvelle-Calédonie contemporaine. Il est également, depuis 1983, dramaturge. Même s’il aborde dans ses pièces de théâtre des sujets sensibles pour « faire ressortir l’identité singulière des Calédoniens, les Caldoches », ce qu’il préfère, c’est faire rire.

Exif_JPEG_PICTURENé à Nouméa, Ismet Kurtovitch a suivi toute sa scolarité dans la capitale calédonienne et à Bourail, sur la côte ouest. Il a étudié à l’Unité de formation et de recherche en sciences de l’information et de la communication à Paris. Il est rentré chez lui une fois son DEA en poche. « J’ai été enseignant, collaborateur politique de notre ministre de la Culture puis j’ai intégré les archives de la Nouvelle Calédonie comme historien. J’y travaille toujours. » Militant anticolonialiste, Ismet Kurtovitch a fondé et dirigé les Éditions populaires (Edipop), une maison d’édition qui publie des ouvrages défendant la cause nationaliste kanak. Une corde de plus à l’arc de cet historien, enseignant, politique mais aussi dramaturge.

« J’ai toujours aimé le théâtre », répond-t-il à la question « pourquoi vous êtes-vous mis à écrire ? ».
En 1983, à l’âge de vingt-neuf ans, il s’est lancé. « J’ai commencé par adapter une pièce de Sartre, La Putain respectueuse, qui a été jouée à Nouméa. » Puis est venue Pastorale calédonienne en 1988. À l’époque, il voulait écrire une pièce sur « les Événements ». Ceux qui ont eu lieu entre 1981 et 1989 en Nouvelle-Calédonie. « Alors j’ai pris le prétexte peu original d’une situation à la Roméo et Juliette, pour essayer de poser une problématique humaine dans le contexte politique. La difficulté, naturellement, ayant été de n’être ni partisan ni manichéen car cela aurait été trop facile. Et la vie n’est pas ainsi ! » Il a ensuite ajouté « des considérations générales un peu déjantées sur l’air du temps et sur l’époque. Et voilà tout ! ». Pastorale calédonienne a connu un certain succès. « La pièce est appréciée, reconnaît Ismet, mais elle est peu jouée. Elle l’a été une fois seulement au Centre culturel Tjibaou en 2001 et en octobre 2013, à Auckland. Maureen Burck, l’a mise en scène avec la troupe University of Auckland Postgraduate Drama. Elle a été publiée en anglais en 2002 et en français en 2017.

« Dans cette édition, j’ai ajouté une variante : le Monologue de Richard. Il porte toujours sur les Événements mais avec un autre point de vue : celui d’un non- indépendantiste devenu aveugle à la suite d’un tir de grenade lacrymogène. C’est un texte qui n’a pas été facile à écrire. »

Ismet Kurtovitch a par ailleurs signé des comédies broussardes qui ont été filmées pour la télévision et deux pièces historiques. « L’une sur l’arrestation des Japonais pendant la guerre chez nous et l’autre, publiée en France, sur la présence américaine pendant la guerre du Pacifique. »

Pour l’heure, il en reste là. Il n’envisage pas de collaboration avec son frère, Nicolas, lui aussi auteur, car « je ne me considère pas comme un écrivain. J’écris très peu, très lentement et uniquement du théâtre alors que lui écrit des poèmes, des nouvelles, des romans et peu de théâtre. Je viens de terminer une pièce qui m’a occupé pendant deux ans et qui ne fait que six pages ! », lance-t-il en riant.

Quant au rendez-vous historique qui s’annonce en cette fin d’année en Nouvelle-Calédonie, le référendum d’autodétermination, rien ne dit qu’il s’en inspirera. « J’écris pour faire ressortir l’identité singulière des Calédoniens, les Caldoches comme on dit. Mais aussi faire de l’humour car c’est ce que j’aime par-dessus tout. »

Rendez-vous

Jeudi 15/11 | 17 h 35 | Rencontre – Le théâtre indigène en Kanaky

Vendredi 16/11 | 15 h 05 | Conférence – Institutionnalisation de la coutume en Nouvelle- Calédonie et présentation de Coutume Kanak

Dédicaces sur le stand Lire un Pays

Vendredi 16/11 | 16 h – 18 h |

Dimanche 18/11 | 10 h – 12 h |


Couverture-Pastorale-copiePastorale calédonienne, suivie de Monologue pour Richard

Éditions Écrire en Océanie [réédition 2017]

Ces deux pièces de théâtre abordent avec discrétion et subtilité un sujet qui appartient désormais à l’histoire : les Événements de Nouvelle-Calédonie durant les années quatre-vingt. Dans Pastorale calédonienne, un Roméo « caldoche », une Juliette « kanak » composent avec humour, poésie et pas mal de fantaisie un duo moderne et tragique.

Monologue pour Richard, texte original et désabusé, revient sur la vie d’un homme que les Événements ont rendu aveugle. Il peut arriver qu’un détour par la fiction ramène encore plus sûrement à la réalité, telle est l’ambition réussie de ces deux situations.

Prix Popaï 2017

Godefroy du Mesnil – Juge pour écouter et décider au cœur des familles

Magistrat depuis plus de trente ans, Godefroy du Mesnil a vécu en France, en Angleterre, en Polynésie. Il signe Juge au cœur de 10 000 familles, un ouvrage composé de tranches de vie, d’histoires tantôt difficiles, tantôt étonnantes, toujours vraies et si attachantes. L’objectif ? Au delà des témoignages, proposer une réflexion pour aplanir les difficultés des séparations devant la justice tout en donnant des moyens pour mieux les comprendre voire les éviter.

Capture d’écran 2018-09-19 à 15.00.03« Quelle immense diversité de situations et de confidences reçues », glisse le magistrat Godefroy du Mesnil dont la vie professionnelle est liée à des milliers de rencontres de familles. « Nos semblables, des hommes, des femmes et des enfants, tellement attachants, empêtrés dans des situations parfois presque inextricables, attendant une décision qui résolve leurs problèmes. Mais aussi se présentent ceux qui sont désireux d’accueillir un enfant, dans le cadre du fa’a’amu ou en vue d’une adoption, en prévoyant que les parents biologiques ont une place essentielle. »

Passionné par l’amélioration des relations humaines, en particulier dans le couple et la famille, Godefroy du Mesnil a embrassé une carrière de juge par « désir humaniste ». Il s’explique : « Si l’on va voir le juge, c’est parce qu’il y a une souffrance, celle de la séparation, celle d’être coupé de ses enfants, de ne pas être compris… À l’écoute des demandes, mais aussi restituant chacun dans son droit, la justice rend plus humain. » Il a travaillé en France, en Afrique, dans le Pacifique, plus précisément à Tahiti où il a vécu huit années. Il a été président du tribunal correctionnel pendant deux ans, jugeant des délits de vol, de diffamation et d’escroquerie, de trafic de stupéfiants et de violence… Puis il a été six ans juge aux affaires familiales. « Une fonction dans laquelle on rencontre une immense diversité de personnes, de tous âges, de tous milieux professionnels et sociaux. Des personnes qui se retrouvent face à l’être qu’ils ont aimé, devant le juge. »

Pour Godefroy du Mesnil, le monde est « déchiré dans ses contradictions et ruptures » et, dans le domaine familial, « écartelé entre l’attrait de la monoparentalité, être parent tout seul c’est apparemment tellement plus simple, et les désirs/découragements face aux difficultés de la conjugalité et de la coparenté ». Le monde est ainsi « passionnant jusque dans ses mille crises, fractures, blessures et tiraillements où le juge permet, dans tous les domaines de la vie sociale, d’éviter que le fort n’exploite le faible, le fort n’étant pas toujours celui qu’on croit, en particulier dans le couple et la famille ».

D’après lui, les citoyens « aspirent à l’amélioration des relations dans les couples et familles sans pour autant y parvenir » : aimer, c’est vouloir dire oui (souvent) à l’autre, c’est aussi savoir dire non (parfois), en sachant refuser de subir tout comportement manifestement injuste de l’autre. La justice, restaurant les droits de chacun et mettant à juste distance, peut pacifier efficacement.

« Les droits de l’homme ne sont-ils pas d’abord les droits de l’autre ? », interroge-t-il.

Ses fonctions variées, ses rencontres, ses décisions de justice ont finalement donné naissance à Juge au cœur de 10 000 familles. Un ouvrage qui se veut, au-delà du témoignage et du partage, une source d’expériences inspirantes pour vivre mieux sa séparation, mieux aider ceux qui la subissent, sinon vivre mieux en couple et en famille.

Rendez-vous

Vendredi 16/11 | 16 h 15 | Fil rouge – « Eh petit, tu as perdu ta langue ? »

Samedi 17/11 | 14 h 35 | Présentation – Juge au cœur de 10 000 familles

Dimanche 18/11 | 14 h 50 | Conférence – Paroles d’adultes, paroles d’enfants, quelle parole de justice…?

Dédicaces stand Éditions Haere Pō

Samedi 17/11  | 15 h – 17 h |

Dimanche 18/11 | 16 h – 17 h 30 |


Capture d’écran 2018-09-19 à 10.02.33Juge au cœur de 10 000 familles

Éditions Haere Pō [2018]

Nous dévoilant le monde méconnu de la justice familiale, Godefroy du Mesnil, nourri de Code civil mais aussi de milliers de paroles et de blessures, communique une expérience et des recommandations riches de diplomatie et d’humanisme, à l’intention de ceux qui sont concernés par la séparation, de ceux qui veulent les aider ou, à l’inverse, pour ceux qui, évitant les écueils, désirent réussir leur vie de couple. Le cœur du livre, ce sont les « instantanés » de tant d’histoires et de confidences individuelles, mais également des documents pratiques : convention d’exercice de l’autorité parentale pour parents séparés et aveuglés par leurs conflits, requête en délégation d’autorité parentale, les dix trucs du juge aux affaires familiales pour réussir sa séparation, mais aussi : comment mieux vivre ensemble, enrichir sa vie de couple et, ainsi, ne pas « perdre la vie à deux »… Et si l’action se déroule en Polynésie française puis en France métropolitaine, ce livre est, concernant les relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants, à portée universelle.

David FAUQUEMBERG – La Polynésie ? Il n’avait rien vu d’aussi fort…

Auteur, voyageur, reporteur, traducteur, navigateur… David Fauquemberg ne suit pas une route toute tracée, ni un plan de carrière. « Je vis, je cherche, cela me mène ici puis là. » En novembre, ses pas le ramèneront en Polynésie pour évoquer son roman Bluff, véritable hommage aux cultures océaniennes, dont l’intrigue se déroule entre la Nouvelle-Zélande, les îles Sous-le-Vent, Hawaii et les atolls micronésiens.

DavidParu en France au début de l’année, Bluff est publié ces jours-ci en Polynésie par Au vent des îles pour faciliter l’accès des lecteurs. Car le roman a de quoi plaire.

« La plus grande joie qu’il m’a apportée, outre les belles amitiés qui se sont nouées au fil de ce projet, explique David Fauquemberg, ce sont les retours émus et enthousiastes d’auteurs et de lecteurs polynésiens, qui ont jugé que ce livre témoignait d’un profond respect, d’un amour même, des cultures polynésiennes. C’était vraiment le cœur de ce travail : rendre, en quelque sorte, ce qu’on m’avait donné dans ce si beau recoin du monde, cette “mer d’îles” chère au grand écrivain fidjien Epeli Hau’ofa ».

Pour écrire ce « roman océanien », l’auteur est parti à la rencontre de la Polynésie, la grande Polynésie.
Il a fait plusieurs voyages au fenua, notamment à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Tuamotu et dans les Australes jusqu’à Rapa, il a passé six mois à sillonner à pied et en voiture la Nouvelle-Zélande, où se déroule l’intrigue principale de Bluff, il s’est rendu aux Samoa et dans certaines îles des Fidji, a fait le tour de Rapa Nui à pied, « une expérience troublante, comme en apesanteur ».

David Fauquemberg vogue, marche, roule, arpente, monte et descend en prenant son temps. Il n’est pas pour autant un « boulimique du voyage ». Il retourne encore et encore aux mêmes endroits car ce qui l’intéresse, c’est « écouter, voir, et tenter de comprendre comment les gens vivent, à quoi ils rêvent, comment ils envisagent le monde. » Depuis vingt ans, il ne voyage que pour écrire, et témoigner. Son premier roman, Nullarbor, se déroulait dans l’Ouest australien. Fruit de sept années de travail, il sera couronné à sa sortie en 2007 du prestigieux prix Nicolas Bouvier au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Un livre qu’il était d’ailleurs venu présenter au salon « Lire en Polynésie » en 2012.

Ce qui l’a marqué en Polynésie ?

« Tout ! L’amour des gens pour leurs racines, la force et le soin constant qu’il leur a fallu pour les préserver malgré tout. Un certain rapport au monde naturel, en particulier la mer et la forêt, qui m’a profondément touché. Le goût du dialogue, une qualité d’écoute et de partage que je n’ai pas trouvée ailleurs, même sur les sujets les plus graves. Pour résumer mon sentiment après ces riches années d’immersion dans les cultures polynésiennes, à l’écoute des Tahitiens, des Maoris, des Rapa Nui, je citerai le Français, personnage central de Bluff : « De sa vie, il n’avait rien vu d’aussi fort. […] Le pays était puissant, voilà ce qu’il avait ressenti.” »

Rendez-vous

Samedi 17/11 | 14 h 55 | Conférence – Manger la langue

Samedi 17/11 | 17 h 45 | Rencontre – Écrivains en résidence : retours sur expériences

Dimanche 18/11 | 11 h 40 | Rencontre et présentation de Bluff

Dédicaces stand Éditions Au vent des îles

Samedi 17/11 | 10 h – 12 h |

Dimanche 18/11 | 14 h – 16 h |


CouveBlufweb-Bluff

Éditions Au vent des îles [2018]

On ne poussait jamais par hasard la porte de l’Anchorage Café, surtout en plein hiver austral, quand les rafales soufflées de l’Antarctique tourmentaient sans répit le sud de la Nouvelle-Zélande. Elles couchaient les panneaux et faisaient crépiter tous les drapeaux du port, elles projetaient des embruns glacés à vous tatouer la peau. On apercevait d’ici la fumée blanche des déferlantes qui saccageaient depuis deux jours les eaux pourtant abritées de Bluff Harbour. Au large, c’était l’enfer.

« Certaines scènes coupent le souffle par l’intensité physique des images qu’elles produisent. Mais au-delà de ce plaisir de lecture, Bluff est un roman d’aventure singulier, dont la poésie est le moteur et la sagesse des anciens Polynésiens, le sens et le trésor. » M. Abescat – Télérama.

« Un style qui fait mouche, liant le réalisme à la poésie la plus prenante. […] Un superbe quatrième roman ! » T. Clermont – Le Figaro littéraire.

Lauréat du prix Gens de Mer, Festival Étonnants Voyageurs, Saint-Malo, 2018.
Prix Henri-Queffélec, Festival Livre & Mer 2018.