Andrea Hirata – Demain ça ira mieux

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Certes il y a des troubles aujourd’hui mais, Andrea Hirata, l’auteur indonésien du fameux Laskar Pelangi croit en des lendemains qui chantent. Pour ce faire, il apporte sa pierre à l’édifice. En plus d’écrire, il enseigne les mathématiques, l’anglais, la musique… aux enfants de son île, Belitong Island.

Andrea Hirata passe la plupart de son temps dans son village appelé Gatong village, sur l’île de Belitong, au large de Sumatra. C’est qu’il a à faire sur cette terre ! Il écrit, « l’un de mes objectifs dans la vie est d’être un bon auteur » et, quand il a du temps libre, souvent la nuit, il enseigne. « Je rêve de construire une école gratuite pour les enfants de l’île. »

Cet auteur indonésien vit par et pour l’enseignement, par et pour les enfants qui le rejoignent dans son musée littéraire. « Dans ce petit musée appelé Museum Kata, j’ai ouvert une classe gratuite. J’adore enseigner, les enfants viennent me voir après l’école le soir pour continuer à apprendre les mathématiques, l’anglais,

la musique… » De cette façon, Andrea Hirata apporte sa pierre à l’édifice d’un monde meilleur. « Il y a des troubles aujourd’hui, partout, mais je suis un optimiste. Demain, ça ira mieux. La clé pour ça, c’est l’éducation. » L’éducation et l’écriture. « L’écriture est un acteur du changement. »

Cinq millions d’exemplaires

La vie rêvée d’Andrea Hirata a commencé avec le succès de Laskar Pelangi (Les guerriers de l’arc-en-ciel). Un ouvrage qui raconte le combat d’un groupe d’enfants de son village pour sauver leur école du naufrage social et économique de l’île. Le livre, paru en 2005, s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires et a été traduit dans près d’une trentaine de pays. Une trilogie a suivi, elle relate la suite du combat du groupe d’enfants.

En 2008, Laskar Pelangi est passé à l’écran. Riri Riza, un jeune réalisateur indonésien dans le vent l’a adapté au cinéma, produit par Miles Films et Mizan Productions. Nouveau succès de cette adaptation dont Andrea Hirata se dit « vraiment satisfait ».

En Indonésie, il a fait plus de 4,5 millions d’entrées ! Il a été sélectionné au Festival international du cinéma de Berlin et à l’Asian Film Awards, il a été récompensé en Indonésie, à Hong Kong, en Iran et en Italie.

Le roman suivant a lui aussi été adapté au cinéma et a, lui aussi, connu un franc succès avec plus de 2 millions d’entrées. La directrice de production de Miles Films a monté une comédie musicale avec des écoliers à qui elle a offert, en plus de leurs cachets, une bourse d’étude. Un festival Les Troupes de l’arc-en- ciel a vu le jour, les touristes se pressent sur les lieux de tournage des films tirés des romans d’Andrea Hirata, une rue du village de l’écrivain a été rebaptisée Rue des troupes de l’arc-en-ciel. L’optimisme a du bon, à Belitong la littérature change le monde !

couv-guerriers-arc-en-cielLes guerriers de l’arc-en-ciel

Ed. Mercure de France (2015), traduit par Marie-Pierre Bay et Nicolas Castelnau-Bay

Je n’étais encore qu’un petit garçon et ce matin-là, j’attendais, assis sur un banc, à l’ombre d’un vieux filicium, à l’extérieur de l’école. Mon père me tenait serré contre lui, un bras passé autour de mes épaules. C’était un jour important, celui de la rentrée des classes.

Le bâtiment avait l’air d’être sur le point de s’écrouler. Son unique porte, de travers, ouvrait sur une salle vide. Les deux enseignants s’étaient postés de chaque côté et accueillaient parents et enfants avec un large sourire – mais aussi une certaine anxiété dans le regard… Le Département de l’Éducation de la province de Sumatra avait en effet prévenu que si l’école de Belitung comptait moins de dix élèves, elle serait fermée. Or nous étions neuf… Dans ce roman autobiographique, nous allons découvrir l’histoire de ces garçons et filles, élèves d’une école, dans un village très pauvre de la province de Sumatra. Ces gosses, dont les parents ne savent ni lire ni écrire, vont peu à peu découvrir la lecture, l’histoire, la poésie, les mathématiques, la musique avec un enthousiasme désarmant. Nous les voyons grandir, évoluer, au fil de pages pleines de gaieté, d’humour et aussi d’émotion, car leur quotidien familial est souvent difficile. Le soir après la classe, ils doivent travailler comme balayeurs, coursiers, porteurs, pour ramener quelques roupies à la maison. Surnommés par leur institutrice « les Guerriers de l’arc-en-ciel », ils sont aujourd’hui, grâce à « Ikal » et à son livre de souvenirs, les écoliers les plus célèbres d’Indonésie.